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13/05/2007

Dossier Snuff Movie


44c3c6d548fe9ed7afdc14700887db61.jpgEn attendant la sortie prochaine du très attendu film Vacancy avec Kate Beckinsale Cinegore vous propose aujourd’hui un dossier sur le Snuff Movie. Chaque cinéma de genre possède son extrême et le snuff movie est certainement l’extrême horreur du cinéma. Ceux-ci sont des films courts généralement sous forme d'unique plan-séquence mal filmé et instable qui mettent en scène un meurtre (supposément) réel, souvent précédé de pornographie avec viols de femmes ou d'enfants.

Ces films faits de brutalité et de violence semblent destinés à des amateurs demandeurs. La réalité de ces films est toutefois discutée, certains considérant qu'il s'agirait principalement d'une légende urbaine, mais force est de constater que la probabilité est très grande.

Pour ceux qui pensent que le snuff movie est une rumeur et rien d’autre se basent sur le fait que de toute évidence c’est considérablement moins risqué pour un réalisateur de mettre en scène un faux meurtre, et de le vendre en le faisant passer pour vrai à des clients qui ne verront pas la différence. Et s'il s'avère que le réalisateur est mentalement dérangé et vit en dehors de la réalité au point de ne pas se soucier des risques qu'il encourt en filmant de vrais meurtres, il n'est pas logique qu'il en fasse ensuite une utilisation "logique" et "rentable" en en faisant un commerce organisé. Les snuff movies sont systématiquement filmés dans de mauvaises conditions de cadrage, d'éclairage, etc. qui facilitent l'utilisation de trucages. Le fait qu'aucune saisie de tels films par la police n'ait jamais été lue dans les médias. Le fait qu'aucun rapport d'enquête policière ou journalistique à ce sujet n'ait été lu, ce qui laisse à penser qu'aucune enquête n'ai conclu à leur existence. Enfin, en 2001, la journaliste française Sarah Finger explique pourquoi elle met en doute à ce jour l'existence de ces films et semble les ranger dans le domaine des légendes urbaines et des rumeurs circulant sur Internet. Le sociologue Jean-Bruno Renard estime également que les snuff movies sont sans doute une légende.

Mais d’autres pensent que la réalité a pris le dessus sur la rumeur. On retrouve beaucoup de ces vidéos sur des réseaux semi-anonymes, comme le peer to peer ainsi que sur des réseaux qui le sont totalement, comme Freenet ou il y a carrément des sites spécialisés. Certains affirment qu'il n'y a pas de fumée sans feu, que le snuff movie n'a pas pu atterrir dans la légende sans avoir existé. Néanmoins cet argument ne revêt que très peu de valeur au vu des nombreuses autres légendes urbaines existantes. Tout ce que l'âme humaine est capable d'imaginer de pire est généralement produit au moins par quelques pervers. Le film Hostel ne s’inspire-t-il pas d’ailleurs d’un fait divers vécu en Thaïlande où des personnes paient pour torturer et tuer d’autres personnes. Et puis de nombreuses vidéos de mises à mort (décapitations) et de torture en temps de guerre ou fruits du terrorisme aveugle et sanguinaire ainsi que des lynchages existent à travers le web ou s’invitent directement chez vous via le journal parlé. Après tout, ces vidéos possèdent de nombreux points communs avec le snuff.

Le terme snuff movie apparaît au milieu des années 70 pour désigner des films clandestins contenant les images de sévices et de meurtres qui se prétendent réels. En 1974, une équipe américaine décide de faire une série Z vaguement inspirée de l’affaire Charles Manson. Filmé en Argentine sans son et doublé dans des studios aux Etats-Unis, The Slaughter n’eut aucun succès. Tomb

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é dans l’oubli il ressort sous le titre Snuff grâce à Carter Stevens qui décide rajouter une scène qui avait pour but de faire croire au spectateur que le pseudo-scénariste du film Snuff violait une des actrices du film avant de la tuer de manière très barbare. Prétendant être le seul film où les morts étaient réels. Après enquête il s’avaira que ce film était une accumulation d’effets spéciaux.

Les années 70 offrent également un genre largement exploité durant ces années-là et qui firent scandale : le cannibalisme. En 1979, le réalisateur italien Ruggero Deodato lance une campagne marketing savamment orchestrée pour son film Cannibal Holocaust. L’histoire d’une bande de cinéastes qui débarque en Amazonie pour filmer les autochtones. Mais ils vont mourir les uns après les autres dans d’atroces souffrances (viols, empalements, cannibalisme, torture etc.). Les bandes sont retrouvées quelques temps après et le doute commence à s’installer tant la frontière entre réalité et fiction est très difficile à reconnaître. Le réalisateur sera obligé par la pression de présenter ses acteurs au monde afin de rassurer les autorités.

 

Flowers of Flesh and Blood - Guinea Pig 2 vogue également sur ce courant. La rumeur veut que son réalisateur Hideshi Hino reçoive un paquet envoyé par l’un de ses fans. Celui-ci aurait contenu un film en 8mm, cinquante-quatre photographies et une lettre de dix-neuf pages qui parlait d’un crime atroce. Après avoir visionné le film, Hino décida d’aller voir la police, leur fournissant les preuves qu’il avait reçu. Le "film" en lui-même, montrait un homme portant un casque de samouraï qui y droguait une femme, puis la démembrait tout en expliquant à la caméra que ce qu’il faisait là était beau. Toujours d'après la rumeur Hideshi Hino décida donc de réaliser Flowers of Flesh and Blood pour exorciser cette vision. Expérience réussie, puisque l'acteur américain Charlie Sheen tomba sur le film et y crut tellement qu’il envoya une copie au FBI qui ne manqua pas de mener une enquête... sans résultat évidemment !

Dans les années 80 sort la série des Face à la mort. Sous couvert du genre documentaire un pseudo scientifique présente des extraits de vidéos amateurs  qui montrent les différentes formes que peut revêtir la mort. L’horreur provient ici du fait que ces scènes de mises à mort sont totalement réelles.

Dans leds années 2000 sortent August Underground  et August Underground's Mordum de Fred Vogel sont de faux snuff movies, comme si l'on avait retrouvé les bandes vidéo de psychopathes tournant des snuff movies.

Enfin plus récemment des films remarquables se sont inspirés de ce genre comme les films Mute Witness d’Anthony Waller, Tesis de Alejandro Amenabar (sans doute le meilleur film sur les snuff movies) ou encore 8mm de Joel Schumacher.