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16/04/2008

The Stepford Wives (1975)

772fa5f49bac037941de88fc79f5431e.jpgLe 12 novembre 2007 décédait Ira Levin, un des plus grands scénaristes et romanciers à suspens que le cinéma d’angoisse est connu. Sept ans après Rosemary’s baby, le roman et le film qui allaient le faire connaître au monde entier, l’écrivain américain nous revient avec une autre œuvre The Stepford Wives adapté au cinéma en 1975 par Bryan Forbes.

Le livre raconte l’histoire d’un couple, les Eberhart, parfait sous tous rapports quittant New York avec leurs enfants pour le calme et la qualité de vie de Stepford, petite ville de campagne paisible où la criminalité est presque totalement absente. Très vite cependant, Joanna vit mal cette tranquillité et cette perfection très ostentatoire notamment avec ces habitantes du village, toutes parfaites épouses d’intérieur vouées corps et âmes aux maris bienheureux. Soudainement, ses rares amies, femmes libérées comme elle, n’échappent pas à cette transformation radicale adoptant donc le canon de la femme idéale à Stepford.

Vision satyrique d’une Amérique bien pensante et conservatrice, Les femmes de Stepford décrie cette uniformisation identitaire de la femme américaine qui tente à se généraliser dans certaines banlieues aisées. Point ici de Housewives de Wisteria Lane où chacune des habitantes de la désormais célèbre avenue cache un secret et voit sa vie bouleversée par des évènements impromptus. Non ici à Stepford, tout y est tristement calme, ordonné. Une ville qui projette l’image parfaite de cette vision d’après-guerre qui ventait les mérites de la femme au foyer, serviable et corvéable à merci pour le plus grand bonheur du mari et des enfants choyés.

Mais derrière cette micro société fascisante et rurale se cache un dessein fantastique beaucoup plus dérangeant encore car fomenté à l’extrême (nous ne révélerons pas le twist final) par un machisme radical toujours actif dans notre société moderne.

Comme toute histoire écrite par Ira Levin, l’intrigue prend naissance au sein d’un couple d’apparence heureux. Très vite ce couple se retrouve divisé par des agents extérieurs et semble victime d’une machination terrifiante orchestrée par une secte ou tout autre groupuscule malfaisant qui prennent l’ascendant psychologique sur un des deux partenaires. Un fil narratif remarquablement respecté ici par Bryan Forbes qui prend son temps, via une mise en scène sobre mais juste, pour amener le spectateur à s’investir émotionnellement et accepter l’impensable.

C’est avec plaisir que l’on reverra d’anciennes icônes du cinéma seventies comme William Prince et surtout la très belle Katharine Ross dont on appréciera la poitrine finale…

The Stepford Wives est donc une œuvre intelligente, subtile et satirique au suspens savamment entretenu et dont le remake en 2005 fut loin d’être à la hauteur.

Ma cote: 7/10