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02/08/2007

L'oiseau au plumage de Cristal

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Tous les trois ans Dario Argento, le maître du giallo, nous offre un nouveau film. En attendant son tout prochain (voir news), l’occasion me fut offerte ce lundi de revisionner son premier film qui pour tous les aficionados du cinéaste Italien reste une de ses plus belles réalisations.

Nous sommes en 1969 et Dario Argento possède déjà de belles références en tant que scénariste. Son amour de la caméra naîtra néanmoins durant sa participation avec Sergio Leone au tournage du film Il était une fois dans l’Ouest. Grâce à l’appui de son père et du producteur Lombardo il se lance alors dans la réalisation de son tout premier film L’oiseau au plumage de Cristal. Celui-ci est un giallo dans la plus pure tradition de ce genre codifié qui s’inspire des romans policier cartonnés jaune et publiés chez Mondadori. Pour faire un beau giallo prenez un assassin de noir vêtu, portant des gants en cuir noir, une jolie donzelle comme victime (de préférence à forte poitrine tant qu’à faire), une musique originale, des lames de couteaux bien aiguisées, des litres d’hémoglobine et enfin un cadrage et un montage à la De Palma.

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L’oiseau au plumage de Cristal ne déroge donc pas aux règles et présente d’ailleurs comme entrée en matière une scène de tentative de meurtre admirablement tournée vue à travers une baie vitrée. Ce qui d’emblée vous marque c’est cette atmosphère très originale, lugubre et suspicieuse. Les brumes matinales ou le brouillard d’avant soirée vous transportent dans les romans noirs classiques. Mais là s’arrête ce classicisme pour faire place à des mises en scène innovantes agrémentées d’une musique à contre-courant. Les scènes de meurtre sont d’un voyeurisme réaliste et sensuel. Dieu que les victimes sont belles. Ces Italiens en plus d’être doués pour l’intrigue ont décidément du goût... Il y a du Blowup d'Antonioni dans ce film où un tableau montrant une scène de crime très réaliste vous fait frissonner et offre en même temps un indice pour retrouver le meurtrier. Celui-ci, sans dévoiler son identité, vous renvoie directement à Eli Roth et à un des personnages de son Hostel II. Quand ce dernier nous explique qu’il fut très influencé par le cinéma d’horreur italien pour réaliser sa suite sanglante je vous assure qu’il a raison. Le rictus et la folie de l’assassin font mouche directement. N’hésitez d’ailleurs pas à m’écrire si vous avez deviné c'est toujours sympa…

Se replonger dans une (bonne) œuvre de Dario Argento c’est remonter aux prémices d’un certain cinéma d’horreur européen. Mieux qu’un jeu questions-réponses sur le cinéma !