Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

15/05/2007

Severance

bb7396a17878732fb79e10205e4c9a4f.jpgQu’est-ce qui peut bien rendre Severance différent des films d’horreur actuels et susciter ainsi des louanges dithyrambiques ? A part remplacer les célèbres rednecks des survivals américains par des soldats de l'est, véritables machines à tuer on ne peut pas dire que la trame scénaristique diffère énormément. Et pourtant il y a bien cet humour so british qui parvient à nous faire rire. Un comble pour un film d’horreur ! Ce génial Christopher Smith parvient également à nous rendre attachants ses personnages en quelques scènes à peine merveilleusement campés par de bons acteurs . La musique est flippante et très sombre. Un film qui terrifie, fait rire (la scène finale avec des harpies érotiques dignes des hyènes SS pour les films de genre est fabuleusement hilarante) et ne laisse pas le moindre moment de répit. Mais bon pour l’humour on est quand même loin d’un « Shaun of the dead » et pour l’horreur c’est pas franchement plus gore qu’un « La colline a des yeux ». Creep, son premier bijou, était d’ailleurs plus gore encore. Mais il faut reconnaître qu’il va bientôt falloir compter de plus en plus sur Christopher Smith dans la galerie des réalisateurs « horror » étoilés.

Ma note: 7/10

 

Gore sliclez 

01:15 Publié dans Critiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : severance, film, gore, horreur

08/05/2007

Dossier Wolf Creek

 

Avec la sortie du DVD Wolf Creek, Cinegore vous offre un dossier complet sur l'évènement DVD du mois. Le dossier complet sur Ivan Milat, le tueur des campeurs, qui inspira Greg McLean pour son film, les adresses internet utiles et enfin la critique avec sa bande annonce.  Bonne lecture!

 

79916e61cb1f5eeb0d790e3531825dc0.jpg

Ivan Milat, le tueur des campeurs

 

L’histoire commence le 19 septembre 1992 quand les dénommés Ken Seily et Keith Caldwell découvrent deux cadavres dans un endroit appelé « Executioners Drop » près de la forêt Belangalo. Une forte odeur de décomposition planait dans l’air. Peut-être un animal pensent nos deux hommes. Les kangourous, wallabies ou autre Dingo pullulent dans la région. Mais sous un tas de débris divers ils découvrent un morceau d’os et ce qui s’apparente à des cheveux. Cette découverte inaugure ce qui restera une des enquêtes les plus sombres de l’histoire criminelle en Australie.

Un deuxième cadavre est découvert un peu plus loin recouvert de feuilles et de branches. Très vite le rapprochement s’opère avec la disparition d’un couple de randonneuses britanniques Caroline Clarke et Joanne Walters disparues cinq mois auparavant et qui avaient quitté King Cross pour aller chercher du travail dans le sud. Très vite les inspecteurs se rendent compte du haut degré de violence et de cruauté.

0e4766a4a0595e7aed12dce48459b701.jpg381b67bd31ad8c9da10ddd5abda3fcc4.jpgUn peu plus loin, sur le lieu des crimes, on découvre six mégots de cigarettes ce qui implique qu’une personne au moins est restée longtemps sur place. On découvre également une dizaine de balles de calibre 22. Dernier indice, un feu de camps construit avec quelques briques fut découvert.

L’autopsie des corps fortement décomposés permet  de découvrir chez  Joanne un morceau de tissu décomposé, utilisé comme bâillon, retrouvé dans sa bouche de même que sur sa gorge suggérant l'étranglement. Quatorze blessures au couteau (Bowie Knife)  ont été enregistrées et mesurées démontrant une attaque frénétique. L'examen interne a indiqué que cinq des blessures de coup avaient coupé l'épine dorsale sans être mortelles pour autant. La victime a donc été paralysée pendant un certain temps avant de rendre l’âme. Les mains et les bras n'ont montré aucune "blessure défensive," qui se produisent normalement quand la victime essaye d'écarter une attaque de couteau. Le corps de Joanne Walters comporte encore ses bijoux aux mains.

En ce qui concerne Caroline Clarke ses bras étaient attachés au-dessus de sa tête avec un morceau de tissu rouge qui enroulait également la tête. Les impactes de balle étaient clairement visibles dans le tissu. Pour l’autopsie celui-ci fut soigneusement enlevé et permit de découvrir l’ampleur des dégâts causés par les tirs. On a retrouvé un total de dix impactes de balle dans le crâne. Quatre projectiles de calibre 22 ont été récupérés à l'intérieur du crâne. L'avant du visage et la mâchoire ont été brisés, probablement endommagé par ces quatre balles. Elle présentait les mêmes autres blessures du corps que son amie.

Sans être formels les médecins légistes avancent l’hypothèse du viol dans les deux cas. Pour le docteur Rod Milton, psychiatre renommé en Australie, Caroline Clarke a été tuée froidement et de manière calculée. La manière dont le morceau de tissu qui avait été enroulé autour de sa tête a indiqué que le tueur souhaitait dépersonnaliser se victime. L'angle des projectiles a suggéré que la première balle ait pu avoir été tirée tandis qu'elle se mettait à genoux dans un simulacre d’exécution méthodique, calculée.

A l’inverse le cas de Joanne Walter démontre un meurtre frénétique. Toujours selon Milton, le désordre des habits indique plus une attaque sexuelle. La chemise et le soutien-gorge avaient été soulevés, mais l'agrafe était encore attachée. On ne retrouva pas de sous-vêtements près de la victime ce qui suppose qu’ils ont sans doute étés découpés et emportés comme trophée.

Le 5 octobre 1993, Bruce Pryor souhaitait se rendre dans la forêt Belangalo et plus particulièrement dans une zone un peu isolée du nom de Morice Fire Trail. Son attention étant attirée par un feu de camps abandonné il sort de sa voiture et découvre après quelques pas un os d’apparence humaine à ses pieds. Son cœur s’accélère. Intrigué il continue sa marche et découvre un crâne humain dont la mâchoire inférieure était cassée et le front portait des marques de coupure au couteau.

La police appelée sur place découvrit une nouvelle fois deux squelettes relativement incomplets qui, après examens dentaires, s’avéraient être ceux d’un couple de randonneurs disparu en 1989 : Deborah Everist et James Gibson.

324e4fe33283fbb4690a9bab0a6d65cb.jpg3f87bb4acaff57293881b2e373c2216a.jpg

Une blessure profonde avait pénétré l'épine mi-thoracique, découpant trois vertèbres de la colonne de Gibson. Comme avec les corps précédents, la blessure aurait paralysé la victime d'abord. Pour réaliser de telles blessures il fallait posséder une grande force physique.

Cette technique fut également utilisée pour Deborah Everist chez qui une partie de la mâchoire était en partie cassée.

Les lieux des crimes furent passés au peigne fin et un grand nombre d’indices furent découverts. Des cartouches de calibre 22 pour Ruger, une paire de jeans roses pour femmes, de la corde bleue et jaune, des cannettes vides de boissons avec des trous de balle, des étuis et des bouteilles vides.
Plus loin, dans un espace dégagé, on découvrit un nouveau feu de camps. On entama alors de nouvelles recherches qui s’avérèrent efficaces car on découvrit un nouvel os humain et un peu plus loin… un nouveau squelette. Le bandeau de couleur pourpre découvert sur le crâne retrouvé ainsi que l’examen dentaire permirent d’identifier le cadavre. C’était celui d’une jeune allemande du nom de Simone Schmidl.

ef13499fbac578d837726c2fdf807330.jpgCette jeune fille aventureuse que sa famille et ses amis appelaient "Simi," avait été pour la dernière fois vue le 20 janvier, 1991, à Liverpool, à l'ouest de Sydney, faisant de l'auto-stop vers le sud. La voyageuse confiante et chevronnée qui avait voyagé dans une grande partie du monde a fini ses jours dans une forêt isolée à des milliers et des milliers de kilomètres de chez elle.

Son corps a été retrouvé partiellement habillé avec sa chemise et ses sous-vêtements soulevés autour du cou. Sa colonne fut brisée complètement. Sans doute fut-elle également violée.

Mais les jeans roses retrouvés sur le site n'étaient pas ceux de Simone, mais appartenaient à une autre fille allemande, Anja Habschied. Elle et son petit ami Gabor Neugebauer, avaient été portés disparus depuis décembre 1991.

 


94df9433d05cb05760eefbfdd0245ad8.jpgd34b90f250fa4457a9d228c01d6456cb.jpgLe squelette complet de Gabor était lui camouflé sous des broussailles. Le crâne comportait six impactes de balles. On retrouva cependant dans sa bouche un bâillon dont la taille a provoqué l'étranglement ce qui implique une notion de sadisme post mortem.

Quant à Anja, son corps fut retrouvé les bras attachés et dénudé à partir de la taille. Elle fut sans doute violée. Mais le summum de l’horreur fut sa décapitation sans doute par un sabre. L'angle de la coupe a indiqué que la victime avait probablement été en position d'agenouillement avec sa tête vers le bas quand la coupe a été faite. Il a montré tous les signes d'une certaine forme de décapitation "rituelle". L'évidence balistique a prouvé d'une manière concluante que la même arme a été utilisée pour les sept meurtres. Les sept victimes sont décédées de diverses manières. Elles avaient été l'une ou l'autre battues, étranglées, abattues par balles, poignardées et décapitées et presque certainement violées toutes. Le tueur a pris son temps pour chaque victime paralysée par les blessures portées à la colonne vertébrale. Ces faits démontrent que, indépendamment d'être cruel et sadique, le tueur était un individu calculateur, confiant et déterminé.

L’enquête est longue. Trop longue selon la presse et la population. Le seul fil conducteur est ce Ruger utilisé pour abattre ses victimes.

Mais un rescapé de l’horreur permit de faire avancer cette enquête : Paul Onions.

Le 25 janvier 1990,  il fut pourchassé par un individu qui avait accepté de le prendre en stop. Celui-ci, d’allure très sympathique, s’était révélé durant le voyage être violent et inquiétant. Menacé par un revolver Onions s’était alors enfui courant le long d’une autoroute et secouru in extremis par une passante courageuse. C’est son témoignage et son identification de l’agresseur qui mirent la police sur les traces d’Ivan Milat. Le recoupement avec d’autres indices offrit enfin l’occasion à la police de perquisitionner chez lui.

On découvrit le Ruger, un top et un appareil photo qui appartenaient à Caroline Clarcke, le matériel de camping de Simone Schmidl et le sabre qui décapita la pauvre Anja Habschied. L’horreur des faits glaça la salle d’audience du tribunal lors du procès d’Ivan Milat. Celui-ci, condamné à la prison à vie, vit toujours et est incarcéré à Goulburn jail.

4899ef87b5c491e73c490d68a5588632.jpgafd016a7dc7b9d776b0d312fd9126704.jpg3df0bcda4259837570ded439f13744c2.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

                                    Ivan Milat 

Wolf Creek: un Crocodile Dundee moins sympathique!

0be08331da3838fa006a2917b5df1c84.jpgCe film a tout d’un classique du genre. Le scénario est du déjà-vu et le choix des acteurs n’offre pas de surprise. Alors pourquoi ce film est-il un GRAND film et pourquoi a-t-il suscité autant d’engouement ? D’abord les montagnes et les forêts majestueuses rencontrées fréquemment dans des films comme Wrong Turn, Severance, Blood Trails ou encore Cabin Fever ont fait place ici au désert aride d’Australie. Les photos sont superbes. Le sentiment d’isolation est tout aussi marquant et permet d’installer l’histoire. Autre point positif c’est la qualité des acteurs et notamment celle de John Jarratt en serial killer sympathique au début et terriblement inquiétant après avec son couteau à la Crocodile Dundee. Les rapprochements avec Ivan Milat le tueur des randonneurs (voir le dossier) sont nombreux et notamment cette pratique horrible qui consiste à sectionner la colonne vertébrale au couteau pour paralyser la victime. Ajoutez enfin un cadrage travaillé et une lumière superbe et vous aurez ainsi un des films les plus intéressants de ces dernières années. Les héros de ce film ne sont pas toujours ceux que l’on croit. En tout cas je ne suis pas prêt d’aller me promener dans le bush australien de sitôt !

 Ma note : 9/10

 Gore Sliclez