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06/11/2007

Halloween: la nuit des masques!

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C’est ici que tout a commencé. En 1978, en pleine fête d’Halloween naquit le boogeyman le plus célèbre du cinéma d’horreur.

Haddonfield dans l’Illinois, 1963, un enfant prénommé Michael, affublé d’un masque et d’un costume de clown, assassine sa sœur de plusieurs coups de poignard pour des raisons inexplicables.

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Quinze années plus tard, celui-ci s’évade de l’établissement psychiatrique de haute sécurité de Smith’s Grove bien décidé à terminer son travail en assassinant sa deuxième sœur Laurie Strode. Son psychiatre attitré, le Docteur Loomis, s’inquiète au plus haut point de cette évasion. « Le Mal s’est enfuit » dira-t-il d’ailleurs, effrayé et fataliste.

Dans une mise en scène prodigieuse où chaque plan cadré est une merveille photographique. John Carpenter nous invite dans un crescendo diabolique, tendu et remarquablement orchestré. Le délicieux et coquin voyeurisme de Mike Myers (donnant droit à quelques plans fessiers de toute beauté) à travers les yeux d’un nouveau et énigmatique masque accentue cette tension et cette attente insoutenable du prochain slash fatal.

Le scénario est signé Carpenter lui-même avec la collaboration de Debra Hill, décédée en 2005, et qui allait également signer les scripts de The Fog et Escape from L. A. Quant à la musique elle est également signée Carpenter et tout comme celle de Jaws reste une des plus célèbre du cinéma de genre (vous pouvez l’écouter sur le blog).

Comme bon nombre de films d’horreur des années septante on condamne par le meurtre gratiné le sexe et la consommation de joints. Confer cette scène mythique du jeune couple partageant le joint après une scène de sexe vite expédiée et trucidé de façon très originale. En effet, qui ne se souvient pas de cette scène où Myers, déguisé comme un fantôme et plaçant les lunettes du pauvre garçon égorgé parti chercher boustifaille apparaît devant la petite amie croyant à une blague. La réponse sociale de Carpenter aux critiques qui jugeaient son film misogyne et sadique.

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Autre point fort scénaristique et visuel ce sont ces scènes de vis-à-vis entre la maison de Laurie et celle de sa copine toutes deux faisant du baby-sitting. Laurie, dans un suspens haletant, se doute au fil des heures que quelque chose se passe d’anormal au fil des heures chez sa voisine d’en face.

Myers fascine. Sa démarche est ridiculeusement lente (inspirée de celle de Yul Brynner dans Westworld), enfantine voire gourde et contraste avec le cynisme et l’efficacité de ses meurtres perpétrés froidement et sans pitié. Il n’hésite pas à scruter sa victime soulevée et poignardée sur le haut d’une porte dans un intérêt morbide. Mais pour tenter de tuer sa sœur, il fait preuve d’une naïveté et d’une maladresse forcément bienvenue. Jamie Lee Curtis, puisque c’est d’elle qu’il s’agit joue la Scream Queen à merveille : ses cris, son regard de bête traquée apportent la touche de réalisme et de crédibilité à l’œuvre. Combien de « Mais cours salope ! » furent lancés dans les salles obscures de l’époque.

« C’était le croquemitaine » dira-t-elle à un Docteur Loomis au regard halluciné et fou, remarquablement interprété par un Donald Pleasance habité par son personnage.

Deux ans avant Friday 13th et son Jason, le Halloween (initialement intitulé The Babysitter Murders) de Carpenter apporte au cinéma d’horreur une œuvre innovante. Le premier grand slasher contemporain qui, bientôt trente ans après, n’a pas pris une seule ride.

Ma note: 10/10