Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

03/04/2008

REC (2008)

3fe8ecf7ad039f1fe2ffa016c2bb467e.jpg

Véritable buzz de ce début d’année, REC débarque enfin sur nos écrans à la grande satisfaction de ces véritables hordes de supporters à travers le monde attentifs aux moindres rumeurs concernant Jaume Balaguero. Vidéo montrant les réactions du public lors d’une projection de presse, teasers ultra impressionnant et bouche-à-oreille de plus en plus élogieux, le film était donc attendu avec énormément d’impatience au dernier BIFFF 2008.

Caméra allumée. Angela (Manuela Velasco), journaliste espagnole, présente son nouveau reportage consacré cette fois aux pompiers. Immersion au sein même de la caserne pour une nuit. Le cameraman filme les différentes activités de ces combattants du feu dans l’attente d’une alerte. L’alarme résonne, tout le monde se précipite vers les camions, Angela et son cameraman sont conviés à suivre l’équipe au départ.

Arrivés sur les lieux ils sont dirigés immédiatement à l’étage d’un vieil immeuble où une vieille dame, la nuisette couverte de sang, se jette soudainement sur un policier lui tranchant la carotide à coups de dents. Le ton est donné et débute alors un véritable cauchemar pour les habitants de l’immeuble ainsi que l’équipe de tournage obligés de rester enfermés par mesure de sécurité sanitaire par les autorités.

Film entièrement tourné caméra à l’épaule, REC est d’un réalisme terrifiant, vécu en temps réel malgré quelques ellipses forcées. En cela, le film s’inscrit dans cette nouvelle vague de réalisations qui décrit cette course effrénée à l’image et au scoop. L’omniprésence du média interpelle bon nombre de réalisateurs à travers des films aussi inégaux comme Diary of the Dead ou Wrong Turn 2.

Cet ultra réalisme reste donc une constante dans l’œuvre du génial réalisateur espagnol tout comme d’ailleurs l’immeuble lugubre et vaste comme décor d’ensemble et l’héroïne combative et décidée. Mais ici l’angoisse est à son extrême et fait de REC un des films les plus terrifiant, effrayant de ces dernières années. Sans verser dans le gore, Balaguero suggère plus qu’il ne montre via des sons sourds, des cris, des courses poursuites stressantes qui laissent le spectateur pantois, vide, émotionnellement épuisé. Eveillant nos angoisses les plus primaires, l’espagnol joue avec la peur du noir, de l’inconnu tapis dans l’ombre, du virus mortel et contaminant. Et même si l’intrigue souffre quelque peu d’incompréhension quant à l’origine du virus elle se termine néanmoins dans un final qui en achèvera plus d’un.

Rarement un film nous plonge autant au cœur d’une réalité que l’on sait paradoxalement fictive mais pourtant si prenante car merveilleusement filmée, interprétée et communiquée. REC est un chef d’œuvre car un chef d’œuvre est d’abord et avant tout une claque parfois visuelle, parfois émotionnelle, parfois scénaristique. Et franchement, REC est tout ça à la fois…

Ma cote: 10/10 

02/04/2008

The Cottage (2008)

 
3380bf835091e1dc18a1d9ed3ceb2ac1.jpg
Deux hommes viennent de kidnapper une jeune femme et attendent le paiement de la rançon dans un cottage à la campagne. Seulement voilà, au fil des heures rien ne se passe comme prévu et nos deux lascars obligés de fuir se retrouvent dans un autre cottage moins accueillant et propriété d’une famille très étrange et sanguinaire.
Difficile de planter le décor de cette farce horrifique tant le scénario écrit par Paul Andrew Williams lui-même nous entraîne dans de nombreux détours pour prendre sa tournure définitive avec l’apparition d’un monstre humain collectionneur de têtes coupées. Mais ce qui rassure dès le départ c’est cet humour so british de qualité et qui fait mouche à chaque fois grâce en partie également à un casting talentueux et sympa. Andy-Gollum-Serkis en tête, acteur doué capable de jouer dans de nombreux registres et qui ici nous joue le gros dur de service. Face à lui un Reece Shaersmith génial en frère nigaud à qui tout arrive sans oublier la gorgious Jennifer Ellison en nana grossière, terriblement mec mais hilarante comme pas possible.
Entouré d’une équipe de producteurs, de maquilleurs et de spécialistes effets spéciaux ayant collaboré sur les grosses productions horrifique anglaises de ces dernières années dont notamment The Descent, Severance ou encore Shaun of the Dead, le très sympa P. A. Williams reprend ces ingrédients qui fonctionnent tant dans le cinéma anglais via l’humour, le gore et le côté populaire voire « classe ouvrière » qui authentifie clairement cette énième production « Made in England ».
Mis à part quelques scènes bien inutiles (les chinois on s’en passerait), The Cottage est un nouveau film hommage qui ne se prend pas au sérieux et qui n’innove en rien non plus. Il serait par contre trop simpliste que d’imaginer ce film comme seulement « humoristique » car ce survival regorge de scènes bien craspeques et bien gore qui raviront les amateurs du genre. Une mise en scène efficace qui s’appuie sur un scénario bien ficelé et nous gratifie de quelques passages franchement flippants et impressionnants.
Tout comme ses illustres prédécesseurs Edgard Wright et Simon Pegg, Williams nous offre une œuvre alternant parfaitement humour et horreur pure. Un réalisateur à surveiller de près assurément…
 
 Ma cote: 7/10
 

01/04/2008

Doomsday (2008)

659d7c66ee8ce7967e0ebdb45a2b20fd.jpg
 
Neil Marshall nous l’avait annoncé, Doomsday serait un film entièrement réalisé pour les amateurs du cinéma de genre.
Le réalisateur des désormais cultissimes Dog Soldiers et The Descent savait que sa nouvelle création serait attendue avec passion par l’ensemble de ses nombreux fans. Pour se faire, bénéficiant d’un budget plus conséquent que ses précédents films (30 millions de dollars), il s’est attaché les services d’un casting impressionnant mais aussi et surtout de décors et de costumes qui en jettent indéniablement. Il a peaufiné un scénario lourdingue, imaginatif en diable racontant l’histoire d’une Ecosse apocalyptique, ravagée par un virus mortel et hautement contagieux. Un pays livré à la folie meurtrière des survivants qui dans un « Struggle for Life » très Nietzschéen se retrouvent dirigés par des mythomanes sanguinaires. Eden Sinclair (Rhona Mitra) envoyée en Ecosse avec un bataillon pour ramener un vaccin sensé sauver l’Angleterre du même désastre, se retrouve piégée par ces mêmes hordes barbares sans foi ni loi.
Une première partie qui se déroule donc sur le territoire de punks cannibales menés sous la houlette de Sol (Craig-Dog Soldiers-Conway), sorte de Johnny Rotten « surdosé ».Trente premières minutes intenses, jouissives, rock’n roll (aaah ces extraits de Frankie Goes To Hollywood remixés !) et qui fait la part belle à une scène tout simplement délirante. Dans une chorégraphie très opéra rock, un prisonnier est tout simplement offert en pâture à une meute affamée de néo punks « explosés » qu’un George Miller himself n’aurait pas snobés pour son Mad Max de 79. Un barbecue terrifiant et bien gore qui semble annoncer un film délicieusement déjanté.
Malheureusement, il n’en sera pas tout à fait pareil pour la suite. Car après nous avoir trimballé chez les iroquois locaux, Marshall change grossièrement de cadre expédiant son héroïne chez l’autre bande de frapadingues gouvernée, quant à elle, par une sorte de despote adorateur d’une époque post médiévale terriblement Jacksonienne mais too much avouons le.
Un survival labellisé Héroïc Fantasy ? Quand nous vous disions que ce film était fait pour TOUS les geeks…
Le réalisateur anglais nous balance ainsi une série impressionnante de références cinématographiques, voire littéraires pouvant parfois amener le spectateur au bord de l’écoeurement indigeste tout en se demandant si Marshall n’en fait quand même pas un peu trop et ce même si l’objectif initial était justement de se lâcher.
Car enfin, on ne peut quand même pas s’empêcher de s’interroger sur les nombreux détours empruntés. Un film qui part dans tous les sens à une vitesse vertigineuse et accompagnée d’une musique (trop) envahissante. Mais bon, soyons honnêtes, Neil Marshall nous fait cadeau de scènes incroyablement impressionnantes, jubilatoires même, via des scènes de combat épiques, des courses poursuites menées tambour battant quoique parfois brouillonnes.
Pour mener cette quête, Une Rhona Mitra sexy comme pas possible et convaincante ainsi qu’une galerie de seconds rôles très impressionnante qui confirme la notoriété méritée d’un Neil Marshall plébiscité. Malcolm McDowell, Bob Hoskins, Sean Pertwee (mais pourquoi tant de haine envers lui ?), Nora-Jane Noone (idem) sans oublier un David O’Hara impressionnant. Que des gueules en somme…
Doomsday est beaucoup trop inégal que pour revendiquer la même respectabilité que ses œuvres précédentes. Un opéra heroico-fantastico-historico-horrifico rock bourré à craquer d’hommages et qui paradoxalement oublie, parfois, son but initial, celui de divertir (le même problème était déjà survenu à Xavier Gens avec Frontière(s)). Néanmoins, s’agissant du génial Neil Marshall, l’œuvre regorge suffisamment de scènes complètement barjes que pour passer un bon moment. Et si c’était tout simplement ça le principal ?
 
Ma cote: 7/10 
 

30/03/2008

Diary of the Dead (2007)

321013bba370539b1e079fbcb217eb01.jpg

Deux ans après son grand retour aux affaires, Romero nous revient donc avec ce (forcément) très attendu Diary of the Dead, l’occasion pour celui-ci de reprendre son thème de prédilection qui aura fait de lui le pape du zombie movie.

Une équipe de tournage d’un film d’horreur se retrouve plongé loin de tout dans une invasion de zombies. Oubliant le film, ils décident de rentrer chez eux le plus vite possible, prendre des nouvelles de leurs proches. Mais leur voyage du retour s’annonce extrêmement périlleux…

Ce qui a de formidable chez Romero c’est qu’on sait d’avance à quoi s’attendre avant d’entrer dans la salle de cinoche et qu’on en ressort toujours malgré tout en ayant l’impression d’avoir vu le mythe du mort-vivant revisité et innové. Dès lors, détaillons un peu ces fameux codes récurrents un à un pour ce film-ci…

La satire sociale ? Après la société de consommation, l’antimilitarisme voici l’ultramédiatisation de notre civilisation moderne. La course à l’image et à l’info prend paradoxalement tout son sens dans cette vision apocalyptique et zombiesque. Romero utilise la caméra à l’épaule de son héro pour filmer dans un réalisme effrayant les évènements qui se déroulent autour de lui. Chaque caméra trouvée durant leur périple en terre infectée permet le relais d’information entre les membres de l’expédition ne laissant que peu de répit au spectateur et de place aux ellipses forcées. Les images ou films trouvés sur Internet et les quelques bribes d’informations radio entretiennent cette vision du Chaos planétaire. Mais l’information est-elle toujours exacte ou est-elle manipulée au profit de certains voilà la question centrale du film où le caméraman vedette devient témoin de l’horreur au profit de l’unique vérité au péril de sa vie. Un twist pertinent ou quand l’information agressive et omniprésente redevient enfin témoin de l’innommable dans un but humanitaire et non mercantile.

L’humour ? Romero nous avait habitué à un humour visionnaire et de circonstance. Ici l’humour est partout dans le film et surtout il fait mouche à chaque fois. Des situations hilarantes dans une mise en scène que le maître ne nous avait pas jusqu'à présent offert à ce point. Jubilatoire à souhait…

Le gore ? Reprenant une partie de l’équipe déjà présente sur Land of the Dead mais aussi, et surtout, de Dawn of the Dead (2004) de Snyder pour les maquillages, Romero nous offre une fois encore des scènes d’un gore jouissif et toujours très visuels et parfaits. Cependant, force est de constater qu’ici point d’orgie carnivore marquante comme si le réal New Yorkais voulait, pour une fois, s’attarder plus sur une intrigue très bien écrite et une vision d’angoisse très réaliste. Ah oui et les zombies… ben… à la Romero tout simplement !

Le casting ? Ou ce souhait répétitif de ne jamais, ou presque, prendre des acteurs connus (ben oui c’est évidement moins cher) comme pour augmenter le côté réaliste du récit et nous permettre de s’identifier plus facilement à des personnages lambda. On retiendra la sobriété d’un flegmatique Scott Wentworth (Andrew Maxwell) ou la beauté renversante de Michelle Morgan (Debra) tout simplement convaincante. Ah et elle a de beaux yeux aussi…

L’Homme ? Dans ce qu’il a de plus courageux, de plus émouvant mais aussi de plus cruel. À l’instar de cette scène où des rednecks s’amusent comme dans Dawn of the Dead (1978) au tir aux pipes avec des zombies. Une déshumanisation qui dérange et fait dire à Debra cette phrase déjà entendue : « nous sommes eux et ils sont nous »…

Diary of the Dead sonne non seulement le grand retour du génial Romero mais aussi la continuité du genre à travers une œuvre terriblement angoissante et innovante. Mais au-delà de tout ça le film est complet, solide, parfait et nous rappelle ô combien ce que Maître George nous a légué au cinéma d’horreur depuis maintenant trente ans… Diable que c’est bon !

Ma cote: 10/10 

27/03/2008

The Eye (2008)

23351dc5a17435309ed639943e3063a0.jpg

Il fallait s’y attendre quand, il y a deux ans, Xavier Palud et David Moreau offraient à la France un film d’angoisse digne de ce nom que l’hexagone n’avait plus l’habitude de voir au cinéma, une œuvre au succès critique important qui ne pouvait pas rester sans suite. « Ils », puisque c’est de ce film qu’il s’agit,  renouait avec l’efficacité  des films d’angoisse d’antan qui faisaient la part belle à la tension extrême et aux jeux d’acteurs.

Victimes de budgets trop étriqués et de producteurs frileux, les réalisateurs français, dans un exode créatif obligatoire, traversent donc l’Atlantique, accueillis les bras ouverts par des Américains plus ambitieux. C’est là que le couple de réalisateurs se voit recevoir l’opportunité de réaliser le remake des frères Pang The Eye. Passons le pourquoi d’un tel projet pour se focaliser plutôt sur cette expérience américaine intrigante et risquée pour les deux frenchies. 

Ne tournons pas trop longtemps autour du pot, le film est malheureusement une déception. La question est de savoir quelle était réellement la liberté d’action des deux réals dans le choix du casting (et allez qu’on nous refile la Jessica !) et dans le choix créatif de certaines scènes. Difficile de reconnaître dans ce film la patte de Palud/Moreau qui dans leur premier film parvenaient pourtant à créer une atmosphère terrifiante et ce avec peu de moyens. Rien de tout cela ici, The Eye aurait pu être réalisé par n’importe quel réalisateur abonné aux films fabriqués, commandés et destinés à un public plus large et plus convenu.

Les rares moments angoissants proviennent de scènes plutôt bien réussies et parfois même impressionnantes même si manquant d’originalité. Comme si l’utilisation d’effets spéciaux numériques rendaient mal-à-l’aise les deux français peu habitués jusque là dans leur carrière. On a bien des bouh, des grrrr et une musique crispante pour saupoudrez le tout d’artifices mais rien n’y fait…

Jessica Alba est égale à elle-même c’est-à-dire peu convaincante et victime malgré elle de sa (très belle) plastique, ce plaisir des yeux faussant la donne quelque peu. Avec elle, Alessandro Nivola (Pollux Troy dans Face/Off) lui aussi peu crédible dans le rôle d’un ORL mais si mignon aux bras de la belle c’est tout bénef pour la prod.

Déception donc pour ceux qui, comme votre chroniqueur, attendait beaucoup de cette aventure américaine. Entre City Lights et le 6ème Sens, le film The Eye est trop gentillet, trop prévisible que pour atteindre son but. À la copie, préférez donc l’original…

Ma cote: 4/10 

26/03/2008

Cry Wolf (2005)

95d714e3b7bdc09b5485becca1cfd507.jpg

Préparé selon la très rentable recette inhérente aux teenager movies, Cry Wolf nous propose trois des ingrédients les plus récurrents du genre : collège huppé, p’tits cons et jolies pépés. Réalisé par un pro en la matière (Jeff Wadlow), le film ne dépareille donc pas dans cette longue série de réalisations ciblant le public d’ados.

Seule éclaircie au tableau, un scénario plus travaillé et une idée de base originale qui consiste, pour une bande de fils à papa, à créer de toute pièce un serial killer. Une rumeur qui se répandrait sur tout le campus universitaire et révélerait l’identité d’un vrai criminel en liberté et toujours pas arrêté. Cette histoire de l’arroseur arrosé nous vaut un twist final intéressant sauvant ainsi le film du statut de daube intégrale.

Du casting, on retiendra les noms de Lindy Booth (Détour Mortel et The Skulls 2), de la jolie gueule d’amour Julian Morris et surtout Jon Bon Jovi en prof (on aura décidément tout vu).

Oscillant pauvrement entre Scream, les rebondissements à la Sex Crimes ou encore un final très Peur Primale, Cry Wolf ne fait pas peur, ne fait pas rire (ou alors involontairement) et n’émoustille même pas. Et pourtant avec ces étudiantes en mini jupes il y avait franchement de quoi.

Pour âmes sensibles seulement…

Ma cote: 3/10 

25/03/2008

Gruesome (2006)

9a89ab31c5d4b700420e16c8f2db48c4.jpg

Quel étrange film que ce Gruesome (Salvage, 2006) réalisé par les frères Jeff et Josh Crook. Il commence par le cauchemar d’une jeune fille dans lequel elle se voit battue, violée et écorchée avant de mourir dans la cave de sa maison. Seulement voilà, le cauchemar se répète et Claire n’arrive plus à distinguer la réalité du songe horrifique.

Film fauché, Gruesome est ce genre d’œuvres indépendantes qui méritent la sympathie dès lors que le réalisateur a des idées ou un culture cinématographique rendant suffisamment hommage. Sans être l’ovni de l’année, ce film indie parvient à garder le spectateur en haleine grâce à une atmosphère et une tension entretenue par une musique très (trop) présente et stridente. Les quelques scènes gore ou de baston sont impressionnantes de brutalité mais malheureusement trop rares…

La photographie aux couleurs hivernales est souvent naïve mais toute cette maladresse apporte un charme étrange voire volontairement onirique. Souvent brouillon, le scénario utilise flash-back et ellipses pour raconter une histoire qui fait de l’œil à des références du genre. Et si parfois le tout semble incohérent et ennuyeux on peut toujours se reporter sur les jolies courbes de Lauren Currie Lewis (Claire) qui, de loin, nous offre une interprétation bien au-dessus de la moyenne par rapport au restant d’un casting médiocre.

Film sympa au demeurant, Gruesome vaut surtout donc le détour pour son étrange atmosphère et rien d’autre. Pour un petit film indépendant ce n’est déjà pas si mal…

Ma cote: 5/10 

20/03/2008

Frontière(s)

1c003ed74c25a2f326913ae61bec6831.jpg

Troisième film français coup de poing après Haute Tension et à l’intérieur, Frontière(s) était annoncé à l’instar de ses prédécesseurs comme le film qui allait donner un bon coup de pied dans la fourmilière et faire renaître le cinéma de genre en France. Pour un tel pari, Xavier Gens s’entoure d’une équipe de fidèles comme Estelle Lefébure (avec qui il a travaillé pour le film Au petit matin, 2005) et Samuel Le Bihan (idem pour Fotografik, 2006). A la production on retrouve ses comparses Luc Besson et Laurent Tolleron, la musique est signée Jean-Pierre Taieb et pour la photographie un Laurent Barès décidément talentueux. C’est donc toute une bande de sympathiques fêlés qui entreprennent cette longue et difficile gageure, tout l’art de savoir s’entourer pour un réalisateur culotté et passionné.

L’histoire ? La France est passée sous le contrôle d’un gouvernement fasciste d’extrême droite et fait la chasse à cette « racaille » des banlieues via une police expéditive et ne faisant plus dans la dentelle. Et pour ceux qui, par malheur, ne possèderaient pas les caractéristiques aryennes, cette France n’est plus la leur… Fuyant cette atmosphère délétère, une bande de petits braqueurs parisiens se perdent en pleine campagne et décident de loger dans un motel miteux tenu par des néonazis sanguinaires et cannibales.

Avec une tel scénario, inutile de dire que la tâche entreprise par Gens s’avère difficile, voire impossible, à « vendre » à des producteurs et distributeurs de l’hexagone. C’est sans compter la détermination du réal français et du bienfaiteur Canal + (via la branche French Frayeurs) qui décident de garder leur ligne créatrice, défendant scène par scène contre une censure très pesante.

Car frontière(s) est sans nul doute un film d’une violence très visuelle qui repose sur un scénario dérangeant, voire provocateur en ces temps de tensions sociétales. Avec l’utilisation d’une pellicule granulée rappelant furieusement celle employée dans les années 70 et de nombreuses références aux films de cette époque on pense inévitablement au film phare de Tobe Hooper, Massacre à la tronçonneuse. C’est que cette famille de dégénérés fascos conviés autour d’un repas de famille sous l’emprise d’un ancien officier nazi paternaliste ça rappelle forcément quelque chose.

Filmées caméra à l’épaule, les scènes de torture pratiquées par de gros garçons bouchers (ne pas oublier le très saillant tablier de circonstance) et d’égorgements barbares se succèdent dans une ambiance poisseuse, craspeque voire vomitive. Un survival hardcore, jusqu’auboutiste et nihiliste qui rend brillamment hommage à un certain cinéma contestataire, trash et politisé venant des States ou d’Italie, contemporain ou d’époque.

Seulement voilà, Estelle Lefébure (en Baby-Sheri Moon-Firefly) et Samuel Le Bihan ont beau être terriblement bons et à contre-courant total de leurs anciens rôles, on ne peut malgré tout se demander si ce choix fut judicieux compte tenu justement de leur médiatisation people (trop) importante. Ajoutez à cela un second degré (souhaité ?) incarné par des personnages caricaturaux (le patriarche nazi et sa progéniture costumés en SA) déclamant des phrases bateau d’un autre temps et vous aurez ce sentiment dommageable de distanciation par rapport à l’histoire et à ses protagonistes. Paradoxal quand on pense à l’interprétation viscérale de Karina Testa… Situation étrange accentuée en cela par un souhait tout à fait louable de la part de Xavier gens de rendre hommage coûte que coûte à sa galerie de films cultes.

Frontière(s) est une œuvre militante, gonflée et impertinente qui a le courageux mérite de crier haut et fort que le cinéma de genre (et spécialement d’horreur) a sa place dans le paysage cinématographique trop guindé en France. Un  film fort, à la photographie très soignée, qui témoigne assurément du grand talent en devenir d’un Xavier Gens déjà fort plébiscité aux States.

Ma cote: 6/10 

19/03/2008

Awake (2007)

f8b89b9378487a30375b5e71e6e7758f.jpg

Aux Etats-Unis il est encore possible d’octroyer un budget de 9 millions de dollars à un jeune réalisateur ainsi qu’un casting alléchant (Jessica Alba et Hayden Christensen) pour son tout premier film. Il y a de quoi en frustrer plus d’un sous nos latitudes…

C’est ce qui est arrivé au Britannique Joby Harold pour exploiter cette histoire de jeune yuppie, héritier d’un empire industriel et étouffé par une mère possessive, qui se fait opéré dans l’urgence à cause d’un cœur défectueux. Une fois anesthésié celui-ci se rend compte avec effroi qu’il est tout à fait conscient et qu’il ressent la douleur. Parvenant alors à se dédoubler il tente de déjouer un complot orchestré par sa jeune épouse et son ami chirurgien.

Dans « Salle d’autopsie quatre », Stephen King nous offrait une nouvelle à l’intrigue redoutable et passionnante. Celle d’un homme considéré comme mort et qui se retrouve en salle d’autopsie pour identifier la cause de son décès. Seul hic au tableau, il n’est pas mort mais rendu paralysé par une morsure de serpent qui lui donne l’apparence d’un cadavre. Et quand la fraiseuse s’approche pour commencer le travail du légiste, c’est notre propre cœur qui s’emballe…

Constat évident de Awake : Joby Harold n’est pas le maître de l’épouvante et c’est franchement dommage. Car le réalisateur anglais ne prend pas l’initiative d’exploiter totalement la scène d’opération à cœur ouvert préférant fuir dans un thriller d’un classicisme sans surprise, ennuyeux et tellement prévisible. Ce choix frileux de ne pas aborder de front un cinéma plus typé, voire plus hardcore pourquoi pas, rend l’œuvre stérile et ce n’est pas la belle photographie et les quelques rares rebondissements scénaristiques qui viendront sauver ce film mièvre. Pire, les minauderies d’une Jessica Alba décidément aussi « avenante » (mais décidément trop pudique !) que piètre comédienne viendront terrasser définitivement tout prémisse d’intérêt.

Même Hayden Christensen semble sous-exploité compte tenu du talent inné de ce jeune acteur. Merci cependant à Lena Holin qui apporte à elle toute seule la crédibilité nécessaire à ce naufrage.

Awake est donc un film terne, au scénario peu culotté et à l’intrigue d’une platitude navrante. A déconseiller tout simplement…

Ma cote: 3/10 

18/03/2008

L'écorché (2004)

9350d61717e47b37533b532d2e0b8d66.jpg

L’affiche plutôt sanglante de Shallow Ground a de quoi intriguer et la bande annonce est plutôt prometteuse. Seul hic au tableau, Sheldon Wilson, réalisateur d’un insipide Night Class et du irrévérencieux Kaw n’incarne pas à fortiori la crédibilité nécessaire à cette histoire d’un jeune garçon, les valseuses en goguette, recouvert de sang et pénétrant dans un commissariat au grand étonnement des agents de police provinciaux plutôt habitués à regarder passer les mouches. Un an auparavant une jeune fille fut enlevée et écorchée à vif. Dès lors, le meurtrier est-il cet adolescent ?

Dans une ambiance très crade due en partie à une scène de torture entamée, très visuelle et en partie aussi aux hémorragies sans fin de ce bloody boy, le film dégage surtout une impression de lenteur et d’incrédulité quant à l’intérêt de certains passages inutiles.

Néanmoins certains effets spéciaux et un maquillage impressionnant permettent de garder un minimum d’attention. Une attention souvent alertée par une musique retentissante bienvenue pour réveiller le geek qui aurait eu le malheur de décrocher.

Cette succession de nombreuses scènes non abouties, alléchantes mais qui jamais n’assouvissent l’attente du spectateur, agaçe au bout du compte et offre une œuvre brouillonne et par moment incompréhensible.

Les acteurs, sans être mauvais, présentent malgré tout des prestations trop sobres que pour émouvoir un tant soi peu. La faute sans doute à un scénario classique sans trop de rebondissements si ce n’est l’origine de l’enfant bâclée, voire trop vite expédié.

Un pétard mouillé donc, aux effets spéciaux honnêtes mais à la trame narrative d’un non sens affligeant.

Ma cote: 4/10