Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

30/04/2008

The Addiction (1995)

5690107a9c35ca6fc667a0a784645cba.jpgEn 1995, Abel Ferrara connaît alors sa plus belle période créatrice de sa carrière. Cinq ans après son film culte The King of New York (1990) et deux ans après le mitigé film de commande Body Snatchers (1993), le réalisateur new-yorkais revient avec un film plus personnel et discret : The Addiction (1995). L’histoire d’une jeune étudiante en philosophie, Kathleen Conklin, passionnée de Nietzsche et Heidegger, qui se fait mordre un soir par une vampire devenant ainsi son propre et principal sujet d’étude pour la thèse qu’elle doit défendre à la fin de son année universitaire. Devenue dépendante de sang humain, elle met en parallèle la théorie du plus fort prônée par ses auteurs favoris allemands et sa nouvelle vie nocturne, sombrant alors dans un cauchemar sans fin et une existence morbide.

Reprenant son thème de prédilection qui montre ses héros en proie à leur côté obscur, Abel Ferrara utilise ici comme prétexte le sujet du vampirisme pour aborder cette descente aux enfers que connaît son personnage de Kathleen. Tourné en noir et blanc comme un hommage au film de Murnau, The Addiction est un film sombre, pessimiste qui montre la dépendance vitale d’une femme pour le sang comme d’autres pour la drogue à travers des symptômes et des manifestations physiques similaires. Un « Cogito ergo sum » devenu ambigu et cynique pour cette jeune fille qui connaît soudainement l’immortalité du vampire et apprend parallèlement la philosophie.

Ceux qui attendent de voir des canines surdimensionnées et une hystéro grimper au mur seront déçus. Ici rien de cela, privilégiant plutôt un réalisme conventionnel ce qui n’empêchera pas Ferrara de nous offrir au final une scène d’orgie sanglante bien gore accentuée par les contrastes du noir et blanc.

Parsemé de dialogues hautement philosophiques, le film peut paraître quelque peu prétentieux (le critique Peter Bradshaw du Guardian estimait que ce film était le meilleur de tous les temps c’est dire…) et surtout inabordable pour les allergiques de Platon et les recalés du bac. L’intérêt est à voir du côté de l’interprétation magistrale de Lili Taylor (High Fidelity, Factotum) qui trouve ici un de ses plus beaux rôles et paradoxalement (et volontairement) le plus déjanté pour une actrice qui reflète plutôt la timidité et la douceur. Epaulée pour l’occasion par un Christopher Walken toujours aussi inquiétant et félin.

The Addiction, s’il ne s’adresse donc pas à un public très large, n’en demeure pas moins un excellent film d’ambiance, à la photographie soignée et aux contrastes saisissants. Une réalisation à ne pas aborder évidement comme un film pop-corn mais plutôt comme une œuvre unique, stylisée, décrivant une introspection obscure, fidèle en cela au cinéma d’un réalisateur décidément en marge du tout Hollywood.

Ma cote: 6/10 

29/04/2008

Session 9

f23282b0315a68efc3da2ffdc7b857b9.jpgUne équipe de désamiantage se rend dans un ancien hôpital psychiatrique abandonné, énorme bâtisse regorgeant de tunnels et de sous-sols sinistres. Les jours passent et l’ambiance se détériore, les hommes deviennent nerveux et une disparition inquiète l’ensemble de l’équipe désormais au bord de la crise de nerfs.

Session 9 est typiquement le genre de film qui arrive à vous faire garder les paupières ouvertes même un vendredi soir après minuit. Une très agréable surprise qui n’en est pas une en réalité puisque ce film remporta le prix du meilleur réalisateur et fut nominé au festival de Sitges en 2001. Premier coup de maître donc pour un Brad Anderson déjà remarqué grâce à The Darien Gap (1996), une comédie également primée en son temps.

Bénéficiant d’un budget malingre de 1 500 000 $, Anderson arrive néanmoins à acquérir la présence dans son casting de David Caruso juste avant que celui-ci n’aborde la série qui allait relancer sa carrière avec les Experts Miami. A ses côtés, Josh Lucas, l’acteur qui monte, et le sous-estimé mais ô combien talentueux Peter Mullan. Belle affiche donc pour un véritable film d’acteurs.

Car du talent il en faut pour interpréter ces hommes rompus à la tâche désagréable et dangereuse de désamianter des bâtiments abandonnés pour la raison. Des hommes semblant posséder tous une histoire troublante, inquiétante qui semble ici ressurgir, comme décuplée par une atmosphère tendue et chargée inhérente à l’hôpital. Soudain, un homme disparaît et c’est l’incompréhension qui s’installe suivie très vite pas la suspicion. C’est que les archives de l’hôpital, encore présentes, regorgent d’informations surprenantes et notamment un dossier qui intrigue l’un des ouvriers qui se met à écouter les enregistrements de l’époque. Amis, ils commencent à douter les uns des autres au fil des révélations que certains confient ou découvrent.

Les longs tunnels obscurs des sous-sols inquiètent et plongent dans le noir absolu le malheureux qui n’aurait pris sa lampe de poche. Les décors défraîchis du bâtiment hanté confortent cette impression inquiétante d’abandon et de mystère. Brad Anderson en joue et aime ça sans nul doute. Le cadre s’y prête à merveille un peu à l’instar du Fragile de Balaguero, grand spécialiste de ces énormes bâtisses abandonnées et hantées d’un passé terrifiant.

Session 9 est un film d’angoisse reposant sur un scénario classique mais solide offrant le twist final tant attendu qui glace le spectateur après l’avoir plongé dans ses peurs ancestrales comme la claustrophobie, la peur du noir et de cet inconnu invisible mais tellement présent dans l’obscurité inquiétante. Dommage néanmoins le format caméra digitale décidément rebutant et qui n’arrive pas à adhérer.

Cinq gars, cinq interprétations magistrales sur les épaules desquels reposent totalement le film, corroborant une nouvelle fois l’adage qui rappelle qu’avec un bon scénario et de bons acteurs pas besoin d’un budget conséquent pour réaliser un bon film Rated R.

 Ma cote: 7/10

25/04/2008

Skinwalkers (2008)

0ff68656c7ad169df0aad1c2edac40b5.jpgRéalisateur peu prolifique aimant citer du Cronenberg à tout va et auteur notamment de deux suites navrantes (The House III et Jason X), James Isaac est le genre de réal pantouflard et peu créatif que l’on va chercher en dernier recours pour alimenter un marché vidéo destiné directement aux ados ayant du pop-corn à la place du cerveau.

Et c’est tout à fait le sort que réserve une nouvelle fois celui-ci à son dernier film Skinwalkers. Un film qui raconte une légende Navajo dans laquelle un jeune enfant de mère humaine et d’un père skinwalker (sorte de loup-garou) devra mettre un terme à la course sanglante de dissidents assoiffés de sang et devenus dépendants de chair humaine.

Et voici notre gamin, protégés par Mamy, Tonton, la cousine Kathe et le vieux guerrier navajo qu’on a sorti de la réserve pour la bonne cause, qui se retrouve en famille sur la route dans un vieux car blindé et déglingué, tentant d’échapper aux récalcitrants de la race lycanthrope juchés sur leurs Harley, les lunettes clinquantes, la veste Sonny Crocket du dernier cri et un regard porté sur l’horizon aussi intense et profond que celui de Lorenzo Lamas dans le Rebelle.

Avant de s’endormir au bout d’une demi-heure on se souviendra vaguement de combats de rues façon western (enfin c’était la volonté du moins), de personnages sanglés se débattant comme des fouines prises au piège et de loups-garous au graphisme très cheap et déjà (trop) vus ailleurs.

Une mise en scène stéréotypée et bâclée et certains acteurs peu charismatiques (là Jason Behr concurrence Lorenzo) viennent achever définitivement tout intérêt pour ce Skinwalkers qui ne révolutionnera pas le cinéma lycanthrope loin de là.

Toujours parmi ces acteurs on appréciera néanmoins les présence de la jolie Rhona Mitra à la poitrine décidément multidimensionnelle, du pourtant très bon Elias Koteas (Zodiac) ou encore Natassia Malthe, Typhoid dans Elektra.

Un PG-13 sans surprise et gentil tout plein qui aurait pu encore intéresser il y a une dizaine d’années sans doute mais qui maintenant souffre terriblement de la comparaison avec ses prédécesseurs comme Underworld, Dog Soldiers ou autres films du genre.

Ma cote: 3/10 

19/04/2008

The Ruins

 6593caa4a8c018bd8d404de3f6ac9373.jpg
Détenteur en 2006 du prix du meilleur court-métrage au festival de Sundance avec Bugcrush, Carter Smith nous revient avec le film d’horreur inspiré du best-seller de Scott Smith The Ruins, genre qu’il n’avait pas encore abordé jusqu’alors.

Quatre jeunes touristes partent à la recherche d’un temple maya inconnu du grand public et se retrouvent encerclé au pied du temple par des locaux n’hésitant pas à descendre le premier qui tenterait de s’échapper. Obligés alors de rester au sommet de la pyramide maya ils découvrent que le sanctuaire est recouvert de plantes carnivores…

Dès les premières minutes on retrouve évidement les éternels clichés du genre avec les pépées bien roulées, les beaux gosses de chez 3 Suisses tous égarés dans un lieu inconnu et dans l’impossibilité d’appeler des secours. Originalité du scénario cependant : le monstre végétal rampant et amateur de chair fraîche. S’infiltrant dans le moindre orifice (du calme c’est pas un Marc Dordcell version bobo hein), la plante semble comme douée d’une intelligence prédatrice, capable également de reproduire des sons (si, si) ou de s’emparer du moindre cadavre. Le résultat, pour peu que l’on rentre dans l’histoire, est efficace et offre des scènes étonnantes et repoussantes. Amputations, mutilations et, mmmmm on y revient, pénétrations sont au programme de ce The Ruins classique dans la trame narrative (on pense d’ailleurs souvent au paradis terrestre de Turistas), parfois faussement naïf (« Cinq américains qui se perdent ça se remarque quand même ») mais terriblement efficace par moment via une tension permanente due en partie à cet ennemi inconnu et sournois d’un nouveau genre.

Dans des décors paradisiaques paradoxalement, une nouvelle fois, l’enfer n’est pas loin pour ces beaux gosses d’une génération américaine dorée, insouciante, arrogante et trop sûre d’elle interprétée ici par des acteurs confirmés de la scène américaine : Jonathan Tucker déjà vu dans Chainsaw 2003, Jena Malone dans Into The Wild ou encore Laura Ramsey dans Venom.

The Ruins ne s’écarte pas donc pas trop de ses nombreux rivaux du genre, présentant les mêmes ingrédients rentables du box office mais présente néanmoins un suspens efficace, des scènes d’un gore parfait et au final un film sympa qui mérite le coup d’œil.

Ma cote: 6/10 

16/04/2008

The Stepford Wives (1975)

772fa5f49bac037941de88fc79f5431e.jpgLe 12 novembre 2007 décédait Ira Levin, un des plus grands scénaristes et romanciers à suspens que le cinéma d’angoisse est connu. Sept ans après Rosemary’s baby, le roman et le film qui allaient le faire connaître au monde entier, l’écrivain américain nous revient avec une autre œuvre The Stepford Wives adapté au cinéma en 1975 par Bryan Forbes.

Le livre raconte l’histoire d’un couple, les Eberhart, parfait sous tous rapports quittant New York avec leurs enfants pour le calme et la qualité de vie de Stepford, petite ville de campagne paisible où la criminalité est presque totalement absente. Très vite cependant, Joanna vit mal cette tranquillité et cette perfection très ostentatoire notamment avec ces habitantes du village, toutes parfaites épouses d’intérieur vouées corps et âmes aux maris bienheureux. Soudainement, ses rares amies, femmes libérées comme elle, n’échappent pas à cette transformation radicale adoptant donc le canon de la femme idéale à Stepford.

Vision satyrique d’une Amérique bien pensante et conservatrice, Les femmes de Stepford décrie cette uniformisation identitaire de la femme américaine qui tente à se généraliser dans certaines banlieues aisées. Point ici de Housewives de Wisteria Lane où chacune des habitantes de la désormais célèbre avenue cache un secret et voit sa vie bouleversée par des évènements impromptus. Non ici à Stepford, tout y est tristement calme, ordonné. Une ville qui projette l’image parfaite de cette vision d’après-guerre qui ventait les mérites de la femme au foyer, serviable et corvéable à merci pour le plus grand bonheur du mari et des enfants choyés.

Mais derrière cette micro société fascisante et rurale se cache un dessein fantastique beaucoup plus dérangeant encore car fomenté à l’extrême (nous ne révélerons pas le twist final) par un machisme radical toujours actif dans notre société moderne.

Comme toute histoire écrite par Ira Levin, l’intrigue prend naissance au sein d’un couple d’apparence heureux. Très vite ce couple se retrouve divisé par des agents extérieurs et semble victime d’une machination terrifiante orchestrée par une secte ou tout autre groupuscule malfaisant qui prennent l’ascendant psychologique sur un des deux partenaires. Un fil narratif remarquablement respecté ici par Bryan Forbes qui prend son temps, via une mise en scène sobre mais juste, pour amener le spectateur à s’investir émotionnellement et accepter l’impensable.

C’est avec plaisir que l’on reverra d’anciennes icônes du cinéma seventies comme William Prince et surtout la très belle Katharine Ross dont on appréciera la poitrine finale…

The Stepford Wives est donc une œuvre intelligente, subtile et satirique au suspens savamment entretenu et dont le remake en 2005 fut loin d’être à la hauteur.

Ma cote: 7/10

12/04/2008

Le Labyrinthe de Pan (2006)

5274d9b65b330e1f82a6b8e0a4439262.jpg

Pour son grand retour en Espagne, le réalisateur mexicain Guillermo del Toro nous offre une œuvre personnelle pour laquelle il s’investit dans le scénario comme à la réalisation.

Un conte qui nous replonge dans la guerre civile espagnole et plus particulièrement au sein d’un poste avancé où des militaires de la cause fasciste tentent de débusquer les derniers résistants au régime. En pleine horreur de la guerre, Ofelia (un conte je vous disais), une jeune fille marquée par la disparition de son papa, s’enfuit dans un monde qui n’appartient qu’à elle et qui lui redonne espoir. Un monde parallèle où les faunes, les fées mais aussi les monstres peuplent la contrée et attendent le retour de la princesse Ofelia.

Guillermo del Toro n’a pas son pareil pour nous raconter une histoire, une vraie histoire. Celles qui commencent par « Il était une fois… » et qui font appel à nos émotions d’enfance enfouies en nous mais parfois annihilées par un monde contemporain enclin aux horreurs de l’homme moderne. Ophélia, sorte d’innocente Anne Frank, combat donc une réalité qui la dépasse par une imagination sans borne et qui se veut salvatrice.

Face à elle, un capitaine Vidal, véritable crapule sadique qui représente à lui seul le mal absolu et remarquablement interprété par un Sergi Lopez décidément capable d’être terriblement inquiétant. Un des ces personnages dantesques récurrents dans l’œuvre du réal qui aime confronter l’innocence à la barbarie via des chemins détournés, poétiques et fantastiques.

Bénéficiant d’un budget très important, le film regorge de créatures superbes à l’instar du bestiaire déjà vu dans Silent Hill. Des effets spéciaux et des maquillages remarquables issus d’une imagination décidément débordante et qui envoûtent via des scènes d’une poésie rare et visuellement parfaites.

Ce nouveau Charles Perrault des temps modernes nous offre donc une œuvre cousue de fil blanc, classique voire académique qui a sans doute la tranquillité et la certitude du travail bien fait mais qui malheureusement parfois n’ose pas l’audace d’une morale moins conformiste voire alternative. D’où sans doute un succès international et un public plus large rassuré sur l’intrigue…

Mais que dire alors d’un Lopez incroyable, qui émerge littéralement d’un casting pourtant relevé, et sur les épaules duquel repose grandement le film. C’est sa remarquable interprétation qui rend le film angoissant et crédible malgré pourtant une jeune Ivana Baquero peu convaincante et malheureusement trop effacée par les nombreux personnages imposants du film.

Outre son esthétisme remarquable qui ne souffrira d’aucune contestation, Le Labyrinthe de Pan ravira donc à coup sûr les âmes d’enfant pour la qualité de son scénario et laissera quelque peu sur sa faim ceux qui sont allergique au classicisme sans surprise…

Ma cote: 7/10 

10/04/2008

Timecrimes

12da5616fef75721a24d136caabfb19e.jpg

Premier long métrage pour Nacho Vigalondo, Timecrimes bénéficie d’une réputation flatteuse depuis son prix reçu au Austin Fantastic Fest. Le film raconte l’histoire d’un homme heureux dans sa vie, bien sous tous rapports, mais un peu trop voyeur qui aime scruter à la jumelle les environs boisés de sa propriété. Apercevant une scène étrange où une jeune fille se déshabille il décide d’aller voir de plus près (ben tiens). Sur place il retrouve la jeune fille entièrement nue avant de se faire agresser et poursuivre par un individu au visage recouvert d’un bandage rose et affublé d’un long manteau sombre. Se cachant alors dans une sorte d’observatoire il se rend compte que celui-ci abrite une machine à remonter le temps…

Et voici notre gaillard plongé dans un passé très proche, l’entraînant dans une succession désarçonnante de situations étranges, surréalistes et inquiétantes.

Timecrimes ou comment engendrer un boogeyman qui n’existe pas, ou comment jongler avec les subtilités scénaristiques dans un espace temps sans cesse modifié.

Si parfois le film semble incompréhensible ou du moins difficile à suivre, Vigalondo parvient néanmoins à captiver son public grâce à un suspens dérangeant mais très efficace dont on attend l’épilogue avec angoisse. Karra Elejalde, déjà vu dans La Secte sans nom de Balaguero, est une nouvelle fois extraordinaire d’émotion et d’humour, deux qualités qui s’alternent tout le long du film jusqu’à la fin. Timecrimes c’est la boîte de Pandore ouverte par un homme un peu trop curieux, certainement pigeon, qui se retrouve à deux doigts de tout perdre.

Œuvre subtile et ingénieuse, ce premier film de Nacho Vigalondo est une excellente surprise à l’atmosphère lourde et surréaliste comme un cauchemar qui tarde à prendre fin. Et comme après tout cauchemar vous êtes soulagé de vous réveiller enfin…

Ma cote: 7/10 

08/04/2008

See no Evil

8ada3d37efb227f8833292ae139eedab.jpgUn groupe de délinquants pas très futés acceptent de participer à un programme de réinsertion en collaborant à la restauration d’un vieil immeuble désaffecté sous la direction de la propriétaire et de deux gardiens de prison. Ce qu’ils ne savent pas c’est que cet immeuble abrite en son sein un dangereux psychopathe, terriblement dangereux et collectionneur d’yeux à son heure…

Pour incarner le psychopathe Jacob Goodnight, Glen Jacobs alias Kane, gros bébé de 2m13 et de 147 kilos, ancien champion du monde de catch. Armé d’une chaîne se terminant par un crochet, notre montagne de muscles décime la colonie de jeunes crétins qui pensent plus à baisouiller dans les coins que travailler au projet de restauration. Originalité de ce carnage, Goodnight s’escrime à énucléer toutes ses victimes et à mettre ses trophées dans des bocaux de formol conservés avec soin.

Pour le reste ben…  See no Evil est un énième nanar qui emploie des jolies pépés (quoique) et des p’tits cons qui ont fait des groooosses bêtises et qui confondent réhabilitation avec mega teuf et superbe bâtiment Art Deco pour un baisodrome. C’est vous dire les scénarios et l’intrigue qui évidement tiennent sur une feuille de papier cul.

Et en parlant de baisouillage à gogo le réalisateur, Gregory Dark, en connaît un bout (… de rayon) puisque spécialisé dans les films pour adultes et dont c’est la première réalisation d’un autre genre. Côté casting, outre notre Monsieur Propre de 2m13, il y a bien Christina Vidal vue dans Freaky Friday ou Penny McNamee (Salem’s Lot) mais rien de bien sérieux si ce n’est la plastique parfois avantageuse de ces demoiselles ce qui au bout d’une heure est un peu peu vous en conviendrez.

Certes, les scènes de meurtre sont parfois impressionnantes et bien gore, certes il existe bien une tension quelque peu palpable mais très franchement pour les amateurs du genre tout ça sent le réchauffé à plein nez et plongera ceux-ci dans un profond ennui.

Aaah, on aurait tant aimé voir à la place notre Kane « s’amuser » avec ses victimes via des uppercuts dans la tronche, laissant retomber celles-ci dans des Sidewalks slams parfaits et chorégraphiés. Ou pourquoi, pas dans une envolée très JCVD, un big boot bien placé suivi d’un high knee dans l’estomac. Ça aurait été cool et surtout original. Bon allez, m’en vais regarder Jeff Hardy combattre Umaga c’est plus impressionnant…

Ma cote: 4/10 

05/04/2008

Black Water (2008)

528e98d2f2e790f8e670e0da76cbb0c0.jpgDécidément le cinéma d’horreur Australien est bien décidé à ne pas se faire distancer par l’Europe et les States. Après le Wolf Creek (2005) de Greg McLean et avant le Rogue (2008) du toujours Mc Lean, le pays des aussies nous approvisionne en films de qualité et c’est tant mieux.

Reprenant donc un des thèmes les plus développés du cinéma des « bébêtes tueuses », Black Water nous relate l’aventure (basée sur des faits réels ben tiens…) de trois jeunes partis à la pêche avec leur guide dans la mangrove nord australienne. Du statut de chasseurs de poissons ils deviennent la proie d’un énorme crocodile qui les oblige à s’abriter dans les arbres de la mangrove. Comment survivre dans un espace naturel aussi hostile à des kilomètres de toute habitation…

Exit les Crocodile Dundee, les cages à croco inutiles ou encore le crocodile surdimensionné au QI de polytechnicien, Black Water privilégie le réalisme du fait divers. Du crocodile on ne verra pas grand-chose ou pas souvent, les réalisateur David Nerlich et Andrew Traucki préférant la suggestion (brrr ces bruits de mastication du croco mangeant, broyant et dévorant une victime toue proche des survivants…) et cette peur très latente, stressante qui vous éprouvent les nerfs dans une attente parfois insoutenable au risque d’en faire bâiller plus d’un. C’est que les longues minutes de palabres stériles de nos trois protagonistes nichés dans les branches de leur arbre bienfaiteur sont parfois agaçantes et ennuyeusement longues.

Mais paradoxalement ce défaut narratif contribue au réalisme de l’histoire en nous identifiant quelque peu au drame que vivent nos trois héros. Le sous-titre du film n’est-il pas suffisamment explicite : « what you can see can hurt you ». En endormant notre méfiance (ou notre attention c’est selon) les scènes où surgissent notre croco sont tout simplement flippantes et vous ramènent les pieds vers le corps en un temps record. Des scènes d’attaque impressionnantes quoique peu visuelles dans la vase de la mangrove terminent de nous convaincre de l’horreur de ce drame.

Comparé à ses inévitables prédécesseurs célèbres (Lake Placid, Primeval  ou encore le Eaten Alive de Hooper), Black Water est, certes, moins impressionnant car bénéficiant d’un budget autre mais terriblement plus réaliste et effrayant.

Nonobstant donc les longueurs et les dialogues parfois inutiles et naïfs, Black Water s’avère au final un des films de crocodiles les plus effrayants et sympathiques du genre. Bénéficiant d’une mise en scène et d’un casting plus qu’honnêtes le film mérite de s’y attarder avant l’arrivée du très, très attendu Rogue.

Ma cote: 6/10 

04/04/2008

Oxford Murders (2008)

85604822a11743fe8d4b92ceca334166.jpgDixième film du réalisateur culte Alex de la Iglesia, Oxford Murders est paradoxalement son premier hors frontières espagnoles. L’intrigue se déroule sur le campus de l’université d’Oxford où une série de meurtres se succèdent régulièrement. Martin (Elijah Wood), jeune étudiant ambitieux et Arthur Seldom (John Hurt), professeur émérite et suffisant, se retrouvent plongés un peu malgré eux dans l’enquête qui s’annonce difficile.
Une intrigue complexe s’articulant autour de théorèmes mathématiques, d’ésotérisme ou encore d’histoire médicale et philosophique qui noie parfois le spectateur dans l’incompréhension ou l’inattention. Néanmoins, le scénario écrit par le comparse de toujours, Jorge Guerricaechevarria, tient la route et pour peu que l’on arrive à le suivre passionnant. Un récit policier de haute voltige grâce à l’interprétation de deux grands acteurs qui trouvent ici l’occasion d’exprimer amplement leur talent à travers des personnages intrigants et hors du commun.
Alex de la Iglesia, bénéficiant d’un budget de 10 millions de dollars, arrive malgré un casting et une production internationaux à imposer son style latin et déjanté qui se mélange admirablement pour l’occasion avec la sobriété et le flegmatisme anglais. Un cocktail délicieusement mis en scène dont notamment de très beaux cadrages et un plan séquence absolument prodigieux où en deux trois minutes le réalisateur espagnol nous montre via une caméra zigzagante tous les protagonistes en différents endroits de la ville, démarrant de la bibliothèque pour se terminer sur le plan d’une défunte assassinée. Un exercice de style virevoltant bien trop rare que pour ne pas le remarquer.
Pour le reste, Oxford Murders est une œuvre classique au dénouement logique et qui raviront les amateurs de films policiers un peu hors normes. Rien de renversant mais très plaisant néanmoins. Et puis cerise sur le gâteau, une Leonor Watling so gorgious en couple avec un Elijah Wood plus mâle que d’habitude, étonnant mais intéressant…
 
Ma note : 7/10