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01/04/2008

Doomsday (2008)

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Neil Marshall nous l’avait annoncé, Doomsday serait un film entièrement réalisé pour les amateurs du cinéma de genre.
Le réalisateur des désormais cultissimes Dog Soldiers et The Descent savait que sa nouvelle création serait attendue avec passion par l’ensemble de ses nombreux fans. Pour se faire, bénéficiant d’un budget plus conséquent que ses précédents films (30 millions de dollars), il s’est attaché les services d’un casting impressionnant mais aussi et surtout de décors et de costumes qui en jettent indéniablement. Il a peaufiné un scénario lourdingue, imaginatif en diable racontant l’histoire d’une Ecosse apocalyptique, ravagée par un virus mortel et hautement contagieux. Un pays livré à la folie meurtrière des survivants qui dans un « Struggle for Life » très Nietzschéen se retrouvent dirigés par des mythomanes sanguinaires. Eden Sinclair (Rhona Mitra) envoyée en Ecosse avec un bataillon pour ramener un vaccin sensé sauver l’Angleterre du même désastre, se retrouve piégée par ces mêmes hordes barbares sans foi ni loi.
Une première partie qui se déroule donc sur le territoire de punks cannibales menés sous la houlette de Sol (Craig-Dog Soldiers-Conway), sorte de Johnny Rotten « surdosé ».Trente premières minutes intenses, jouissives, rock’n roll (aaah ces extraits de Frankie Goes To Hollywood remixés !) et qui fait la part belle à une scène tout simplement délirante. Dans une chorégraphie très opéra rock, un prisonnier est tout simplement offert en pâture à une meute affamée de néo punks « explosés » qu’un George Miller himself n’aurait pas snobés pour son Mad Max de 79. Un barbecue terrifiant et bien gore qui semble annoncer un film délicieusement déjanté.
Malheureusement, il n’en sera pas tout à fait pareil pour la suite. Car après nous avoir trimballé chez les iroquois locaux, Marshall change grossièrement de cadre expédiant son héroïne chez l’autre bande de frapadingues gouvernée, quant à elle, par une sorte de despote adorateur d’une époque post médiévale terriblement Jacksonienne mais too much avouons le.
Un survival labellisé Héroïc Fantasy ? Quand nous vous disions que ce film était fait pour TOUS les geeks…
Le réalisateur anglais nous balance ainsi une série impressionnante de références cinématographiques, voire littéraires pouvant parfois amener le spectateur au bord de l’écoeurement indigeste tout en se demandant si Marshall n’en fait quand même pas un peu trop et ce même si l’objectif initial était justement de se lâcher.
Car enfin, on ne peut quand même pas s’empêcher de s’interroger sur les nombreux détours empruntés. Un film qui part dans tous les sens à une vitesse vertigineuse et accompagnée d’une musique (trop) envahissante. Mais bon, soyons honnêtes, Neil Marshall nous fait cadeau de scènes incroyablement impressionnantes, jubilatoires même, via des scènes de combat épiques, des courses poursuites menées tambour battant quoique parfois brouillonnes.
Pour mener cette quête, Une Rhona Mitra sexy comme pas possible et convaincante ainsi qu’une galerie de seconds rôles très impressionnante qui confirme la notoriété méritée d’un Neil Marshall plébiscité. Malcolm McDowell, Bob Hoskins, Sean Pertwee (mais pourquoi tant de haine envers lui ?), Nora-Jane Noone (idem) sans oublier un David O’Hara impressionnant. Que des gueules en somme…
Doomsday est beaucoup trop inégal que pour revendiquer la même respectabilité que ses œuvres précédentes. Un opéra heroico-fantastico-historico-horrifico rock bourré à craquer d’hommages et qui paradoxalement oublie, parfois, son but initial, celui de divertir (le même problème était déjà survenu à Xavier Gens avec Frontière(s)). Néanmoins, s’agissant du génial Neil Marshall, l’œuvre regorge suffisamment de scènes complètement barjes que pour passer un bon moment. Et si c’était tout simplement ça le principal ?
 
Ma cote: 7/10 
 

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