Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

12/03/2008

The Mist (2008)

4cbbc6bc4762e6cb8ef54a38596584d6.jpg

Le genre « films de monstres » revient et c’est tant mieux. Rien que pour ce début d’année 2008, les passionnés du genre auront eu la chance de voir Cloverfield et… The Mist, deux succès populaires de très bonne facture.

Pour adapter une des meilleurs nouvelles de Stephen King qui mieux que Frank Darabont lui-même pouvait relever le pari difficile d’adapter une œuvre du maître de l’épouvante. Car il faut le reconnaître, le cimetière des réalisateurs s’étant cassé les dents sur un tel projet est bien rempli et rares donc sont les adaptations réussies aux yeux des aficionados du génial écrivain. Darabont fait indéniablement partie de ces réalisateurs qui ont la King's Touch avec deux œuvres abouties et superbes : The Green Mile (1999) et The Shawshank Redemption (1994). 

The Mist raconte le cauchemar vécu par toute une ville envahie par un brouillard annonciateur de malheurs. Certains habitants retranchés dans une grande surface assistent à la prise d’assaut de celle-ci par une horde de bêtes monstrueuses et gigantesques qui ne laissent aucune chance aux rares individus qui osent s’enfuir. Petit à petit, cette communauté devient une sorte de microcosme de la vie en société avec ses héros, ses profiteurs, ses fous de Dieu et surtout ses inévitables tensions inhérentes à la hiérarchisation des statuts sociaux.

Car au-delà d’un film fantastique au bestiaire préhistorique ou futuriste, c’est d’abord et avant tout une très belle réflexion sur une nature humaine qui souvent se révèle au grand jour à travers la peur. À l’instar de The Shelter (Twilight Zone) où à l'annonce d'une attaque nucléaire, un groupe d'amis banlieusards se battaient férocement pour la possession du seul abri du quartier, The Mist nous présente ici aussi des personnages confrontés à la folie sanguinaire d’une intégriste religieuse ou encore à des rednecks locaux en manque de considération sociale. Comme si les bébêtes de dehors n’étaient que prétextes à expurger les frustrations d’une bande d’individus brimés, lâches et égoïstes.

Filmé en partie comme un documentaire, Frank Darabont n’en oublie pas pour autant de nous faire peur. La montée en puissance de cette tension provoquée par la peur de l’inconnu et la non-acceptation de la réalité est tout simplement remarquable malgré un début un peu fade et classique. Darabont est décidément un formidable conteur, capable de captiver son public au point de l’entraîner dans un Extraordinaire, un Au-delà de la conscience humaine tout en délicatesse. Une sorte de réalisme magique où des individus normaux se retrouvent plongés dans l’Indescriptible en un rien de temps pour le dire. C’est cet antagonisme scénaristique qui vous scotche tout le long du film. Stephen King n’a-t-il pas lui-même écrit cette histoire alors qu’il faisait ses courses dans le supermarché du coin en s’imaginant ce que donnerait l’attaque d’une horde de monstres. Procédé imaginatif souvent utilisé au cinéma quand on pense à l’assaut de zombies contre une grande surface commerciale dans le cultissime Dawn of the Dead (1979), l’invasion d’extraterrestres dans War of the Worlds (2005) ou l'inoubliable The Fog (1980) de Carpenter.

Comme Stephen King, Darabont aime cette Amérique profonde, rurale voire oubliée où rien ne semble jamais venir perturber la monotonie silencieuse et calme de la vie rurale.

Un film d’une tension parfois insoutenable, aux scènes souvent gore et spectaculaires et agrémenté d’effets spéciaux du plus bel effet. Pour l’anecdote, on remarquera au début du film un clin d’œil à Carpenter (le The Fog bien nommé) mais aussi à Stephen King justement avec les affiches du film The Thing et du Pistolero de la saga de la Tour Sombre (le héros interprété par un insoupçonné mais très talentueux Thomas Jane est dessinateur d’affiches de cinéma). Toujours point de vue casting on appréciera des « gueules » comme Andre Braugher et William Sadler mais aussi Marcia - Into the Wild- Gay Harden.

The Mist restera une des œuvres fantastiques et spectaculaires les plus marquantes de ces dix dernières années à l’instar de son final horrible et des plus perturbants allant à contrario des happy ends hollywoodiens classiques.

Ma cote: 8/10 

Les commentaires sont fermés.