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06/03/2008

Genesis (1998)

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Troisième volet de la Trilogie de la mort, Genesis (1998) est sans doute le court métrage le plus émouvant et le plus beau de ce triptyque.

Un homme perd son épouse dans un accident de voiture. Écrasé par le chagrin, il décide de réaliser une sculpture à l’effigie de son aimée avant de se rendre compte au final que la sculpture prend vie et que lui-même devient pierre.

Pour une deuxième collaboration, Nacho Cerda fait appel à son ami Pep Tosar pour incarner ce sculpteur qui n’est plus que l’ombre de lui-même terrassé par une douleur sans nom et obnubilé par sa création.

Une nouvelle fois le réalisateur espagnol parvient à installer ses personnages et leur histoire dans un format difficile qui est celui du court métrage. Après tout, quelques images suffisent pour comprendre et dans ce domaine là Cerda est tout simplement doué. La photographie de Genesis confirme la beauté visuelle déjà découverte dans Aftermath grâce à une lumière astucieuse et des plans originaux.

On y retrouve déjà les fondations d’un cinéma d’horreur ibérique encensé actuellement à travers le monde. Un cinéma qui fait la part belle à l’émotion, suscitant une empathie envers des personnages meurtris par la vie, par un destin cruel et qui se retrouvent plongés dans des situations angoissantes, terrifiantes. Un cinéma d’épouvante très réaliste et très social qui va chercher au fond de chacun d’entre nous des sentiments divers et des émotions nouvelles. C’est en cela que ce cinéma espagnol est innovateur, quitte à devoir utiliser des procédés classiques mais toujours aussi efficaces.

C’est donc le cas avec ce sculpteur dont on ne sait rien dans le film si ce n’est son amour fou pour sa belle épouse (grâce à un petit film amateur sur une fête de famille) décédée dans un accident de voiture (flash back onirique de l’artiste). Mais ce sont ces caresses de l’artiste façonnant dans la pierre le corps de sa femme qui sont émouvantes car ce sont les caresses d’un homme qui veut très vite immortaliser l’amour de sa vie avant qu’elle ne disparaisse sans doute de sa mémoire. L’inacceptation, le refus d’une vérité qui fait mal. La mort est un sujet qui intrigue Nacho Cerda c’est certain. Après une vision crue, perverse de celle-ci dans Aftermath, le réalisateur espagnol nous rappelle le côté inéluctable, irréversible d’un deuil à travers une fable cynique où deux êtres qui s’aiment inversent le cours des choses pour un ultime adieu.

Rien de gore ici mais certaines scènes transformistes impressionnantes et une atmosphère étrange entretenue par une musique douce.

Genesis est un beau film tout simplement. Une œuvre qui jette définitivement les bases d’une carrière prometteuse et confirmée depuis grâce à The Abandoned (2006).

Ma note: 8/10 

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