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03/03/2008

Aftermath (1994)

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Réalisé en 1994, par un digne inconnu alors, Aftermath reste 14 ans plus tard un véritable ovni du cinéma d’horreur. Une œuvre révolutionnaire pour un jeune réalisateur de 25 ans qui alla jusqu’au bout de son délire. Aftermath est certes une œuvre de jeunesse mais pourtant empreinte d’une maturité étonnante bien nécessaire pour aborder un sujet aussi délicat que celui de la nécrophilie.
Un court métrage (30 min.) obscure présentant un médecin légiste pratiquant des autopsies. Une fois seul, le médecin se livre à des actes sexuels répugnants sur le cadavre d’une jeune femme et finit par la violer avant de donner son cœur en pâture à son chien le soir chez lui.
Aftermath renoue avec ces anciens démons du passé ou des hommes cultivés, raffinés s’adonnaient autrefois dans des camps à des atrocités d’une barbarie répugnante. En effet, baigné d’une jolie musique classique, Nacho Cerda nous dépeint un tableau anatomique de victimes dépecées avec un réalisme terriblement impressionnant et opérées par un lambda bien sous tous rapports, méticuleux et froid.
Une fois passée l’émotion ressentie après la vue de ces cadavres autopsiés, le spectateur se retrouve alors confronté à la perversion sans nom, l’horreur dans ce qu’elle a de plus humaine. Obsédé par la mort, Cerda nous montre un homme, le regard mort, allant jusqu’au bout de sa folie, violant le corps d’une défunte éviscérée dans une mise en scène sans concession, jusqu’auboutiste, ultra réaliste. Une vision qui vous glace le sang et vous plonge dans la stupeur. Un décor bleuté, métallique que le sang écarlate vient recouvrir sur la table, sur le masque du médecin, sur le carrelage…
Une démence filmée dans les grandes largeurs, dans l’isolement d’une pièce close et protégée de la curiosité grâce au paravent social qui nous empêche d’affronter la vision de la mort à l’instar de cet employé jetant un œil sur le travail des médecins légistes avant d’abandonner, glacé par la vision. Cerda, lui, ne s’en soucie guère et nous choque, nous remue les tripes et nous oblige surtout à affronter une vérité que nous nous obligeons par bourgeoisie à ne pas assumer.
La perversion est un mal qui nous entoure et que nous le voulions ou non vouloir la snober au cinéma, pourtant miroir de nos attentes et de notre société, est une façon hypocrite d’éviter la confrontation avec notre peur de l’inconnu.
L’âme n’est plus, seul le corps reste offert désormais à des mains étrangères pour un dernier contrôle, sa dernière préparation. Un réalisme gore qui poussa même certains à penser que l’escroquerie de Roswell (souvenez-vous ce merveilleux Pradel), où l’on voyait un extraterrestre se faire découper sur une table d’autopsie, était l’œuvre du génial réalisateur espagnol.
Aftermath est une terrible claque qui vous oblige à remettre les pieds sur terre et à ne pas oublier qu’en chacun d’entre nous un monstre veille, tapis dans l’ombre, prêt à se réveiller pour le plus grand malheur. Un voyage répugnant dans l’ultra réalisme et la perversion sans limite. Souvenez-vous de Rotenbourg….
 
Ma cote: 8/10 
 

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