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21/02/2008

Un jeu d'enfants (2001)

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Écrit et réalisé en 2001 par le très peu prolifique Laurent Tuel (Jean-Philippe, 2006), Un jeu d’enfants narre l’histoire d’un couple parisien bourgeois habitant avec leurs deux enfants une vaste maison en plein cœur de la capitale. Un jour, Marianne (Karin Viard) reçoit la visite d’un couple de vieilles personnes, frère et sœur, qui souhaitent revoir la maison de leur enfance. Après leur visite plus rien ne tourne correctement pour la famille Fauvel qui connaît malheur sur malheur et dont la source de leurs problèmes semble provenir… de leurs enfants.

Tuel signe avec Jeu d’enfants un film d’un classicisme navrant offrant une œuvre fébrile loin des films jusqu’au-boutistes et nihilistes de ces cinq dernières années en France. Le choix est évidement libre mais au fil des minutes il faut bien reconnaître que le style ampoulé du film ressemble à ses propres héros, un couple de la haute dont l’assurance sociale sombre dans un cauchemar sans fin. On devrait s’associer à leur descente en enfer mais non, à aucun moment on ne se sent réellement concerné par leur histoire et ce n’est pas faute d’apprécier l’interprétation de la belle Karin Viard qui tente de nous faire partager son incompréhension face au changement radical de leurs enfants. Mais face à un Charles Berling énervant dans son rôle de père devenant barjo et une mise en scène lourde, scolaire et tellement prévisible on ne cesse de bâiller à l’ennui nous faisant soudainement prendre conscience de l’évolution renversante du cinéma d’angoisse français depuis le début des années 2000.

Certes comparaison n’est pas raison mais il est très difficile de croire en cette histoire d’enfants possédés par l’esprit d’anciens locataires pyromanes tant la réalisation est gentille, prévisible et d’une naïveté déconcertante qui frôle par moment le ridicule dans de vaines tentatives « goresques » ou d’épouvante.

Un film trop convenu d’un réalisateur qui a peur, qui n’assume pas le genre qu’il a pourtant délibérément choisi mais qu’il n’arrive pas à exploiter par manque de culot malgré un scénario subversif donnant pour une fois le mauvais rôle à des enfants pervers. Le film répond, sans doute, à l’attente d’un certain public frileux se contentant du frisson convenu. C’est peu pour pouvoir recevoir l’assentiment ciblé des amateurs du genre à qui on ne la fait pas à coups de regards fous, assassins, de scène de sexe pudique ou encore de bouh ! prévisibles.

Non vraiment, comment apprécier un réalisateur qui ici ne s’assume pas en sachant qu’un vrai film d’horreur c’est d’abord et avant tout se débarrasser de ses inhibitions sociales pour aborder inévitablement le subversif cathartique et l’assumer contre vents et marées. Objectif non atteint pour Jeu d’enfants.

Ma cote: 4/10 

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