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31/01/2008

Wilderness

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Qui de Neil Marshall avec son Dog Soldiers (2002) ou de Danny Boyle avec son 28 Days Later (2002) relança le cinéma d’horreur britannique ? Difficile à dire et de toute façon peu importe la paternité du revival tant qu’on a l’ivresse ! A l’instar d’autres pays européens, comme l’Espagne par exemple, les Britanniques nous offrent chaque année depuis cinq ans un survival puissant et remarquable en tout point.

C’est dire comme l’attente était grande et la pression importante sur les épaules du jeune réalisateur Michael J. Bassett pourtant nanti d’une bonne impression laissée depuis son Deathwatch (2002).

Dans une atmosphère tendue et froide exprimée par des couleurs froides, bleutées, Wilderness commence par une longue présentation des protagonistes enfermés dans un camp de redressement pour jeunes délinquants. Victime de harcèlement et d’humiliations en tout genre, un des jeunes se suicide et rend responsables ses compagnons de chambrée envoyés pour la cause sur une île déserte d’Ecosse. C’est là qu’ils vont devoir apprendre le respect d’autrui dans un programme d’insertion sociale des plus radicaux et des plus militaires. Sous le commandement de Jed, le chef mitard, la petite troupe se trouve soudainement la proie d’un tueur redoutable et sans pitié.

Comme on le voit, le scénario suit les codes du revival classique et lorgne allègrement du côté de The Battle Royal (2000) de Fukasaku, de Severance (2006) de Christopher Smitm ou encore d'un Deliverance (1972) de John Boorman. Bassett préférera quant à lui parler du Predator (1987) de McTiernan sans doute en raison de l’isolement en forêt et de ce prédateur puissamment armé tapi dans l’ombre décimant un à un les membres de l’expédition. Le réalisateur anglais connaît ses classiques et certainement Sa Majesté des Mouches de William Golding référence littéraire principale de Wilderness. Car la force du film réside incontestablement dans la personnalité des délinquants. De véritables bombes en puissance qui ne demandent qu’à exploser, déverser leur haine du système sur une société qui s’en protège en les enfermant. De leur passé on ne connaît rien ou presque mais on devine dans le regard de ces gueules marquées par la vie des pulsions destructrices qu’il est illusoire de vouloir canaliser dans ces circonstances dramatiques. Pour cela Bassett a fait appel à Toby Kebbell (Dead Man’s Shoes, 2004) ou encore Stephen Wight pour jouer ces petites frappes au crâne de skinhead et au regard de tueur.

Et pour diriger tout ça, cerises sur le gâteau, les présences de Sean Pertwee (Dog Soldiers, 2002) décidément malheureux en p’tit chef et Alex Reid (The Descent, 2005) qui réunit toujours autant la beauté et la rage guerrière.

Vous ajoutez quelques autres jeunes acteurs britanniques aux gueules de l’emploi et vous avez un cocktail explosif qui offre au réalisateur britannique la possibilité de faire apparaître le danger sous n’importe quels traits et à tout moment.

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Wilderness est une œuvre à petit budget filmé en super 16 donnant ainsi une vision documentaire plus réaliste que nos voisins d’outre Manche apprécient particulièrement. On sent Bassett avoir l’envie de rivaliser avec ses illustres compatriotes en empruntant souvent les mêmes procédés mais malheureusement plus limité dans le budget à l’instar de ces scènes d’attaque filmées caméra à l’épaule voire carrément « à la main » aux résultats plus que douteux. Malgré également quelques invraisemblances (l’instructrice tombant d’une falaise et parvenant néanmoins à s’en sortir moi je dis respect !!) l’ensemble du film reste cohérent et distille quelques bon moments d’angoisse et des effets choc du plus bel effet. Et même si l’humour anglais qui ponctue si souvent les dialogues savoureux des films de Christopher Smith ou d’un Edgard Wright est plutôt rare ici il n’empêche qu’on ne peut parfois pas s’empêcher de sourire aux quelques twist du scénario dont notamment l’apparition d’une autre troupe de délinquants sur cette île déserte mais avec cette fois… des nanas ! Connaissant le casier judiciaire de certains des jeunes gars condamnés pour agressions sexuelles on lit sur le visage de l’instructeur Jed la prise de conscience du merdier dans lequel il se retrouve confronté.

Wilderness est un survival sympa qui n’atteint pas la même réussite visuelle et spectaculaire d’un The Descent ou d’un Severance mais n’en reste pas moins un de ces films britanniques réalistes, spectaculaires et par moment bien gore peaufiné d’humour noir. Un achat DVD à conseiller mais pas forcément de toute urgence…

Ma cote: 7/10 

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