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24/01/2008

Spiral

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En 1998, Hideo Nakata rouvrait avec Ringu (The Ring) de façon fracassante un genre qui fit les beaux jours du cinéma d’épouvante asiatique dans les années 60 : le Kwaidan Eiga et sa galerie fantomatique. Bien aidé en cela par le producteur Takashige Ichise, véritable mécène pour ces jeunes réalisateurs talentueux, Jôji Lida s’attaqua, quant à lui, à la véritable suite de Ringu selon l’auteur et créateur de la saga Kôji Suzuki en personne.

Mitsuo Ando est un médecin légiste torturé par la mort accidentelle de son fils dont il se sent responsable. Un jour, il doit autopsier le corps d'un de ses anciens amis dont il apprendra très vite qu’il a été tué par Sadako Yamamura. Intrigué il se lance alors dans une enquête qui va l’amener à découvrir les desseins terrifiants de ce terrifiant spectre.

On reconnaît très vite la griffe de la J-Horror japonaise à travers cette œuvre qui fait la part belle une nouvelle fois au Yurei Sadako, cette jeune femme possédée par le démon, incarnation même de la vengeance et jetée dans un puit par son propre père pour tenter de conjurer la malédiction. On retrouve donc ce fantôme aux longs cheveux noirs, à la robe blanche et aux paumes en dedans (allégorie du Yin) mais de façon beaucoup moins présente que dans les autres épisodes de la saga consacrée à Sadako. C’est que très rapidement on se rend compte au fil des minutes que le film n’aborde pas la même direction que les autres signés Nakata. Commençant comme une intrigue policière entrecoupée par moment de visions fantomatiques toujours du plus bel effet, Spiral emprunte les critères du film de Science-fiction où il n’est plus question de mourir après avoir vu une cassette vidéo mais plutôt par contamination d’ADN. Les êtres se reproduisent alors en deux ou trois semaines à l’identique (clonage) mais avec à chaque fois pour moitié les gènes de Sadako. S’il est souvent difficile de maîtriser toutes les subtilités scénaristiques de Jôji Lida et de Suzuki il faut bien reconnaître que le scénario a tout pour vous glacer le sang quant à l’avenir du monde. « Le jour du repos ne reviendra peut-être plus jamais » lance d’ailleurs froidement  un des ces clones.

Cette fatalité ambiante, où les moments d’émotion sont rares, se traduit à merveille par Lida à travers une mise en scène très sobre, au son très métropolitain (les bruits de la rue sont omniprésents) et aux couleurs très sombres. Une sensation d’isolement, récurrente dans la filmographie japonaise actuelle, parfois trop pesante mais souvent l’ingrédient premier de la terreur.

Certaines longueurs et un scénario difficile desservent quelque peu ce film qui déroute inévitablement mais qui comporte encore néanmoins des scènes choc, terriblement flippantes provenant essentiellement de la présence de Hinako Saeki, unique interprète de la déjà mythique et spectrale Sadako. Moins abordable et terrifiante que la saga Ring plus officielle, Spiral n’en reste pas moins une œuvre intéressante et fidèle à l’œuvre première de Suzuki.

Ma cote: 6/10 

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