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23/01/2008

300

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Oui je sais 300 n’est pas trop un film d’horreur mais exceptionnellement j’ai envie de rendre hommage à ce film que j’admire beaucoup…

Voilà une œuvre qui fera date dans l’histoire du cinéma car visuellement innovatrice et polémiquement écrite. Comment diable ne pas rester admiratif face à ces peintures pelliculées véritables odes au Néo-classicisme d’un David, mises superbement en action par des acteurs qui feraient pâmer de plaisir les amateurs de corps bodybuildés et semblant sortir tout droit de la revue Gay. Ces filtres crépusculaires accentuant les contrastes de ces soldats nous donnent une vision intemporelle voire apocalyptique de cet épisode dramatique des Guerres médiques. Naviguant entre le bestiaire effrayant du Seigneur des Anneaux et le romantisme guerrier d’un Gladiator, 300 nous fait plonger deux heures durant dans des explosions d’effets visuels le tout chorégraphié par un Zack Snyder décidément très doué pour nous en mettre plein la vue.

L’histoire est déjà écrite et certaines adaptations libres des scénaristes nous déversent l’éternelle histoire mythique du héros quittant à regret sa femme, son fils et sa patrie pour l’honneur et la gloire espérant inscrire son nom aux frontispices des temples grecs. Remarquons d’ailleurs l’incompréhension qui demeure quant aux raisons qui obligèrent le roi Léonidas d’aller affronter avec 300 de ses meilleurs guerriers une armée perse de plusieurs millions d’individus.

Mais peut-être que c’est tout simplement là que se crée la polémique qui entoure ce film. S’attaquer au mythe sparte c’est aborder un cadre de vie sur lequel bon nombre de régimes totalitaires se basèrent pour exalter les foules avides de l’exploit guerrier et du repli nationaliste. Une race grecque qui obligeait l’eugénisme à la naissance (les bébés jugés trop faibles pour devenir guerrier étaient jetés dans les abîmes de la côte Laconique), qui instituait l’élitisme guerrier comme seule accession sociale et la guerre comme seule raison d’être.

Mais après tout, le souhait du réalisateur américain n’est-il pas de présenter des super-héros, émanations même d’une mythologie grecque faisant la part belle à ces demi-dieux qui peuplent les récits des auteurs de la Grèce Antique ? Existe-t-il donc une pensée unique d’une certaine intelligentsia cinématographique qui consiste à démolir constamment les films privilégiant l’esthétisme primaire voire bestial ainsi que ce besoin des spectateurs  de retrouver ces héros légendaires que le réalisme social actuel tente d’éradiquer pour d’obscures raisons ?

Ce besoin atavique que nous avons tous d’assister à des combats épiques d’un romantisme fou et véhiculant des valeurs comme l’honneur, le respect, la fidélité se retrouve dans l’histoire de l’Art en général et au cinéma tout particulièrement depuis ses origines. Cela fait-il de nous des militaristes acharnés, des adorateurs de l’icône guerrière ?

Zack Snyder a eu le mérite de ne pas se poser la question et réalise là une œuvre d’une beauté saisissante que les grands auteurs grecs n’auraient pas reniée dans leurs éloges panégyriques. Des scènes de combats à couper le souffle et du gore à bon escient font de ce bijou un film qui s’inscrit dans le renouveau d’un péplum plus agressif, plus spectaculaire encore aidé en cela par un graphisme numérique spectaculaire et devenu incontournable. On regrettera peut-être par moment un peu trop de références au film de Ridley Scott que pour pouvoir éviter la comparaison toujours fatale.

Bref, un film visuellement superbe qui vous fera frapper du poing sur le torse le regard déjà posé sur l’horizon. Pour la gloire !!

Ma cote: 9/10 

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