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11/08/2007

Lucio fulci

Aaah Lucio Fulci ! On pénètre dans l’univers Fulcien comme on entre en mission. Pour aborder l’œuvre il faut opérer en soi une véritable catharsis émotionnelle et se débarrasser ainsi de tout ce qu’on a pu voir comme films d’horreur ces trente dernières années. Un film de Fulci est unique, terriblement signé, griffé, labellisé. Avec ce cinéaste italien c’est simple on prend tout ou on ne prend rien. C’est un univers baroque, onirique, gore à l’extrême et peint comme une toile de Dali ou de Bacon. Mais c’est aussi une direction d’acteurs parfois brouillonne et des lenteurs pouvant exacerber les aficionados d’un Détour Mortel ou d’un Creep.

 L’Au-Delà ne déroge pas à la règle et reste aujourd’hui encore pour bon nombre de passionnés le chef d’œuvre ultime de Lucio Fulci (pour ma part je lui préfère L’Enfer des Zombies). L’histoire se tient sur un confetti comme on dit et tourne autour de Liza Merril, récente propriétaire d’un vieil hôtel de la Louisiane où s’est déroulé cinquante ans auparavant une mise à mort horrible d’un homme suspecté d’avoir découvert une des portes de l’Enfer. Cette porte se trouvant à l’endroit exacte de l’hôtel. Et comme mise à mort, croyez moi, c’est une véritable orgie sanglante, les coups de chaîne, la crucifixion du malheureux et sa décomposition à la chaux ne vous seront pas épargnés. Ensuite tout devient d’une beauté baroque glaciale et morbide à souhait unique à Fulci. Tout cela grâce à une mise en scène innovante, originale et des plans de toute beauté. Les scènes gores sont abjectes et admirablement réalisées pour l’époque. On retrouve l’actrice fétiche du cinéaste italien j’ai nommé Catriona MacColl qui tournera trois fois avec lui.

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 Contrairement à l’Allemagne qui a l’époque était friande de films de zombies, ce film fut interdit aux USA jusqu’en 1998. C’est la société de Tarantino (Rolling Thunder Pictures) qui mit la main sur la copie originale, la restaura ensuite et la diffusa aux heures tardives dans certaines salles de projection bien sélectionnées.

Lucio Fulci, malheureusement et mystérieusement décédé en 1996, reste toujours une icône du grand cinéma italien d’épouvante des années 70 et 80 à l’instar d’un Argento, Romero ou plus anciennement Mario Bava, autre réalisateur baroque. Depuis, le reste de l’Europe a pris le relais ces dernières années à notre grand plaisir.

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