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06/07/2007

I Spit on your Grave

17f474038b2fd6bc29908ce7d81196c8.jpgQuatrième film (déjà!) proposé par Cinegore et classé dans la catégorie des Videos Nasties (pour rappel ce sont ces films qui furent interdits en Angleterre en raison de leur violence), I Spit on your Grave (littéralement « J’irai cracher sur vos tombes » en référence à Boris Vian) aborde ici un sujet ultra sensible dans le cinéma celui du viol. Ainsi le film nous raconte l’histoire d’une belle écrivain venant s’installer à la campagne pour rechercher l’inspiration et le calme. Pensant profiter de vacances tranquilles elle va devenir la proie d’une bande de dégénérés locaux qui vont s’acharner sexuellement et physiquement sur la malheureuse. Laissée pour morte elle va entamer une véritable chasse vengeresse dont les crimes rivalisent d’originalité, sans pitié et sans remords.

Véritable choc des cultures que ce film, dépourvu de musique, avec d’un côté une écrivain raffinée, Jennifer Hills (Camille Keaton) intellectuelle de profession, provenant d’une grande ville et insouciante et de l’autre côté des rednecks incultes, sauvages, bestiaux de l’Amerique profonde, celle de ces petites villes campagnardes nichées au cœur des forêts et à l’écart du frénétisme social des grandes métropoles américaines. Inévitablement on pense à Dustin Hoffman dans Straw Dogs (1971) jouant le rôle d’un scientifique venu s’installer dans les Cornouailles avec sa superbe épouse objet de convoitise des mâles dominants du petit village anglais.

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Ici pas de mari salvateur, Jennifer Hills est seule face à une bande de quatre dangereux fous et cette impression d’isolement est encore plus frappante. Si l’interprétation de Camille Keaton (petite-nièce de Buster) est très bonne c’est surtout son courage pour interpréter ce rôle qui soulève l’admiration. Cette succession de viols et d’humiliations filmés sans complaisance rend ce rôle extrêmement difficile à jouer et pourtant le personnage de Jennifer est très convainquant. Sa vengeance sera terrible et sans pitié. Quant aux rôles des bourreaux ceux-ci sont relativement bien tenus mais on regrettera la très mauvaise interprétation de Richard Pace jouant le demeuré de service timide et franchement énervant. Pour la petite histoire la seule scène où celui-ci est convainquant fut celle où il se retrouve pendu à un arbre. En fait, pris d’une véritable crise de panique, il avait tellement eu peur lors de la scène que le résultat final est d’un réalisme saisissant et ce au grand bonheur du réalisateur.

Sorti en 1978, ce film bénéficie de ce courant extrême qui régna durant les années 70 et qui permit à de nombreux réalisateurs de se lancer dans ces films jugés scandaleux en raison de leur violence et de ce côté ultra réaliste dérangeant. Pas sûr que nous aurions la même liberté de ton actuellement. En Australie par exemple ce film ne fut jamais censuré à sa sortie mais interdit en 1997 jusque 2004. Etonnant non ?

Sachez également que le film devait normalement s’intituler ironiquement « Day of the Woman » préféré par Zarchi lui-même. 

Ma note : 7/10

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