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20/06/2007

Massacre à la tronçonneuse

fd1d96b66e33c1cff1599feb48cb8633.jpgMassacre à la tronçonneuse est sans conteste un des films d’horreur les plus connus du genre. Entertainment Weekly ne se trompa d’ailleurs pas en consacrant le film deuxième film d’horreur de tous les temps après l'Exorciste. En effet, le 1er octobre 1974, les Etats-Unis découvrait une oeuvre très personnelle qui allait révolutionner le cinéma d’épouvante et influencer des dizaines de réalisateurs à travers le monde. Devenu une référence, The Texas Chainsaw Massacre fut l’occasion pour Tobe Hooper, tout juste 30 ans, d’aller très loin dans le visuel comme jamais auparavant. Basé sur l’histoire d’Ed Gein, le film nous présente 5 adolescents qui décident de se rendre dans une ancienne maison familiale et prennent en stop sur la route un autostoppeur inquiétant et morbide. Cette mise en bouche dans le genre bouseux du coin n’inquiète en rien la petite bande qui arrive sur place et découvre une maison idyllique mais abandonnée. Plus loin dans la campagne une autre maison isolée qui semble elle aussi abandonnée abrite en fait une famille sanguinaire regroupée autour d’un géant, le visage recouvert d’un masque de peau humaine, taxidermiste et boucher à ses heures. Un par un nos ados se font prendre et suspendre aux crochets tandis que la dernière, blonde à forte poitrine (aaah les années 70), assiste malgré elle au repas de famille avant de s’enfuir dans une course poursuite épique dans laquelle Leatherface (interprété par l’icelandais Gunnar Hansen), tronçonneuse en avant, tente de ramener du gigot pour le week-end.

 

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Etrangement, alors que nous nous sentons révulsés par l’horreur et la brutalité des scènes aucune de celles-ci ne comporte de sang. Tout y est suggéré sans jamais montrer le moindre effet gore. Mais cela ne retire en rien cette atmosphère absolument unique et morbide du film. D’abord cette scène d’ouverture nous montre un cimetière profané baigné par une lumière de fin de journée, les cadavres déterrés, empalés et on entend ce bruit provoqué par le déclenchement du flash d’un appareil photo. Ensuite cette maison de l’horreur (une famille y vivait à l’époque et la maison est devenue désormais un restaurant) où les squelettes d’animaux se mélangent artistiquement à ceux d’êtres humains. Ou encore cette pièce aménagée par Leatherface où sont suspendus des crochets de boucher au-dessus d’un congélateur à taille… humaine. Toujours encore, cette course-poursuite dans un bois entre Sally la Blonde et Face de cuir qui pour l’anecdote se percutait souvent la « tiesse » car il ne voyait quasi rien au travers du masque. On frissonne à l’idée de voir la lame de la tronçonneuse rentrer dans le dos de la jolie donzelle. Pour l’anecdote les griffures ensanglantées occasionnées par les broussailles sur les jambes de Marilyn Burns sont réelles. Les actrices ne furent pas épargnées durant le tournage puisque Terry McMinn qui se retrouve suspendue au crochet de boucher est en fait soutenue par une corde en nylon qui lors du tournage lui cisaillait l’entrejambe douloureusement.

Massacre à la tronçonneuse a forcément connu les affres de la censure. Si ce film a obtenu le prix de la critique au Festival international du film fantastique d'Avoriaz 1976  il ne fut projeté dans les salles anglaises seulement en avril 1999 et en Finlande en novembre 1996. La commission de contrôle interdit aussi la sortie de ce film en France apres une semaine d'exploitation en salle en 1974 et ce n'est qu'en mai 1982 que l'interdiction fut levée, le film est sorti dans sa version intégrale huit ans après sa réalisation avec une interdiction aux moins de 18 ans.  « C'était l'époque du Watergate. Une époque où je commençais à me dire que peut-être ces gens à la télé ne disaient pas la vérité. Je crois que je devenais désillusionné. Et les jeunes de mon entourage étaient soit désillusionnés soit déterminés à faire changer les choses. C'était une époque étrange. Le film est devenu une métaphore cinématographique de la conjoncture de l'époque. Voilà à mon avis le propos de Massacre à la tronçonneuse. » (Tobe Hooper). Le réalisateur avouera même que l’idée du film lui est venue un jour qu’il était dans une longue file d’attente interminable, dans un magasin et qu’il vit au loin un rayon de tronçonneuses. Très inquiétant notre ami Tobe vous ne trouvez pas ?

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