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23/05/2007

Dossier Loup Garou

Cette semaine Cinegore présente un dossier consacré à la créature qui inspira bon nombre de réalisateurs et qui reste encore à ce jour terriblement attrayante j’ai parlé du Loup Garou. Son cri déchirant une nuit de pleine lune, sa cruelle et douloureuse transformation physique et ses yeux sans fonds nous remplissent d’un effroi atavique qui remonte à cette époque pas si éloignée où les anciens vivaient parmi les loups.

887e51f894298eb64241ec6d14437e6c.jpgAujourd’hui l’histoire du mythe

C’est essentiellement à partir du XVe siècle, que le mythe du loup garou se transforma en superstition religieuse. On fit état de philtres et d’onguents magiques ainsi que de pactes avec le Diable. La rigueur des hivers à la fin du Moyen Âge et au début de l’époque moderne, la crainte du loup, encore très présent dans les forêts d’Europe au XVe et au XVIe siècle, peuvent expliquer l’épidémie  de loups-garous qui se produit à cette époque.

Au XVIe siècle, une véritable psychose règne dans les campagnes. Plus de 30 000 procès sont organisés et de nombreuses personnes sont ainsi exécutées car accusées de se transformer en loup. Mais, dans la plupart de ces procès, il y a effectivement des meurtres à caractère cannibale de commis. A l’époque, nul ne doute de l’existence des loups-garous dans lesquels on voit la manifestation du diable.

 L’un des plus célèbres procès se déroule en Franche-Comté en 1574. On y juge Gilles Garnier, accusé d’avoir tué plusieurs personnes, dont des enfants, et de les avoir dévorées après s’être transformé en loup. Le Loup garou attaque, fin septembre, au lieu-dit des gorges entre Amange et Châtenois une fillette d'une dizaine d'années et après "l'avoir occise tant avec ses mains et dents... l'avoir dépoillée et mangé portion de la chair de ses cuysses et bras et non content en avoir porté portion à sa femme". Quelques deux mois plus tard, c'est le bois de la Ruppe, entre Authume et Châtenois, qui sera le décor de l'enlèvement d'une nouvelle fillette "qu'il étrangla et meurtri de cinq playes avec ses mains en intention de la manger". A peine quelques jours s'écoulent et ce qui sera son dernier délit concerne "un enfant masle de dix ans entre Gredisans et Menotey en une vigne et avoir mangé de la chair des cuysses, des jambes et ventre". La fréquence des délits s'accélère, le périmètre d'intervention se réduit. Sans nul doute, le Loup-garou est là, proche des villages, dans la forêt de la Serre. Très vite les soupçons se portent sur Gilles Garnier qui vit là, avec sa famille, à l'ermitage Saint-Bonnot distant d'à peine quelques centaines de mètres du village d'Amange. L’endroit est très isolé et sans doute que la famille survit grâce au braconnage et au bûcheronnage. Les suspicions sont trop fortes. Sans qu'il fût surpris, en flagrant délit, Gilles Garnier est arrêté fin décembre dans sa vieille maison et conduit à Dole où, s'il est reconnu coupable, il sera jugé. Gilles Garnier avouera rapidement tous les faits, même des délits antérieurs et similaires, notamment le jour de la Saint Barthélemy, un vendredi ! La cour souveraine de Dole rendit son verdict le 18 janvier 1574 "l'an mil cinq cent soixante quatorze. « En cause de messire Héry Camus, docteur en doit, conseiller du Roi notre Sire, en sa cour souveraine du parlement de Dole, et son Procureur général demandeur en matière d'homicide sur les personnes de plusieurs enfants, dévorement de leur chair sous forme de Loup-garou et autres crimes et délits, d'une part. Et d'autre part, Gilles Garnier, défendeur, natif de Lyon, détenu prisonnier en la conciergerie de Dole; Ledit défendeur étant ermite près d'Amange, et n'avant pas de quoi sustenter sa famille, tomba en sorcellerie. Ainsi, étant en forme de Loup garou, ledit défendeur Gilles Garnier prit de nombreux enfants d'environ six à douze ans et les tua et occis tant avec ses mains semblant pattes qu'avec ses dents. La cour condamne Gilles Garnier, par arrêt, à être aujourd'hui conduit et traîné à l'envers sur une claie par le Maître exécuteur de la haute justice, depuis la conciergerie jusqu'au tertre de ce lieu, et y être brûlé tout vif, et son corps réduit en cendres, le condamnant en outre aux dépens et frais de justice. Donné et prononcé judiciairement à Dole en ladite Cour, le dix-huitième jour du mois de janvier l'an mil cinq cent soixante quatorze".

Toujours au XVIe siècle,quelques années plus tard, dans une autre localité, des paysans découvrirent le corps sanglant et horriblement mutilé d'un jeune garçon de quinze ans. Deux loups, qui s'acharnaient sur le cadavre, s'enfuirent dans les taillis quand les hommes s'approchèrent. En poursuivant les bêtes sauvages, ils tombèrent sur un homme à demi nu accroupi dans les buissons.

La créature avait un aspect bestial avec sa barbe, ses cheveux longs et ses ongles immenses auxquels étaient encore accrochés des lambeaux de chair sanguinolents. L'homme s'appelait Jacques Rollet. C'était un simple d'esprit un peu cannibale : il était en train de déchiqueter le corps du jeune garçon. Il est certain que Rollet se prenait pour un loup et que, sous l'emprise de cette folie, il avait tué et dévoré plusieurs personnes. Il fut condamné à mort.

Enfin, lors du XXe siècle, plusieurs affaires ont été liées au mythe du loup-garou : l’affaire de la « bête de Sarlat », en Dordogne, jamais élucidée ; l’affaire de la « bête de Senonges » dans les Vosges qui en 1994 égorgea plus de 80 animaux ; l’affaire de la « bête du Valais », en Suisse, jamais élucidée ; l’affaire de la « bête de Noth », en Suisse, jamais élucidée ; en 1925, la population d'Uttenheim (bas Rhin) soutint un garde champêtre, accusé d'avoir tué un enfant qui s'était transformé en loup garou !!
Un cantonnier de Saint André de Briouze, se constitua prisonnier en 1948, après avoir tué un sorcier jeteur de sorts et loup garou. Très récemment, le journal Courrier international du 6 novembre 2003 - n° 679, rapporte ces témoignages insolites tenus devant le tribunal criminel de Lausanne (Suisse) où un homme est poursuivi pour avoir massacré son épouse à coups de couteau : « J’ai vu ses canines pousser. Elles dégageaient une odeur étrange. Comme celle d’un loup-garou ». L’accusé a conservé « un contact avec la réalité », indiqua de son côté l’expert psychiatrique.

 

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