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15/05/2007

Mozes, star d'Uni Stl

95b6b146d3f5b7c08cb849560e145921.jpgIl y a un peu plus d’un an maintenant Uni Stl a reçu la visite d’une équipe de tournage britannique qui souhaitait réaliser un film d’horreur où des employés d’une société d’armement se retrouvent lors d’un séjour organisé poursuivis par d’anciens soldats locaux sanguinaires et désoeuvrés. Voyant dans les rues les habitants se retourner vers eux avec un regard d’incrédulité, le réalisateur semblait ravi d’avoir déniché ce « fucking bled » pour y installer son équipe. Discutant avec notre maire, il demanda s’il pouvait bénéficier de l’aide de quelques habitants pour la logistique du tournage. Voyant dans cette offre la possibilité de bien nous marrer Mozes, Abigél et moi-même décidions alors d’accepter.

Nous fûmes affectés à l’équipe décors en plein cœur de l’action donc. Les acteurs étaient plutôt sympas et nous étions admiratifs devant leur prestation même si devant leur bourreau ils nous semblaient que leur frayeur était trop feinte. Vous nous connaissez maintenant depuis presque un mois et vous savez que nous avons le sens spécial de l’humour. Bref pour pimenter un peu le tout et aider ces malheureux acteurs à être plus convaincants nous avions décidé d’attendre la nuit pour nous nous rendre dans la forêt rampant ainsi parmi les racines et les fougères.

Dans un merveilleux synchronisme nous allumâmes nos tronçonneuses et courûmes à l’unisson vers les campements de l’équipe. La lune dernière nous éclairait nos chaînes en action dans un panache de fumée bleutée et nos silhouettes parfaitement découpées offraient un tableau superbe et terrifiant. Le spectacle escompté était au-delà de nos espérances. Les mécaniciens, les perchistes, les caméramans, le chef op et enfin les acteurs coururent dans tous les sens, effrayés, en slip ou pyjamas dans une sarabande grotesque. Ils semblaient marcher sur des braises, sautant dans tous les sens ou essayant de grimper dans les arbres. Morts de rire nous nous enfumes au village avant d’être virés par la prod. Depuis lors, tendus comme des cordes de piano, nos acteurs furent extrêmement convaincants sursautant et criant au moindre attouchement et carburant au café pour soigner leurs insomnies.

Mozes avait énormément de succès durant ces quelques semaines. A tel point que le réalisateur lui offrit un rôle de méchant. Avec sa coupe mulet et son éternel treillis militaire Mozes n’avait pas besoin de se maquiller pour être bon. Au début on se moquait de lui à chaque pause et par la suite il nous cassait littéralement les pieds en se prenant pour une vedette et en flirtant avec l’actrice principale. Après un mois de tournage nous sommes devenus amis avec l’équipe de tournage. Les casiers de Borsodi Sör s’enchaînaient à un rythme effréné et les gueules de bois étaient tout simplement historiques ! Mozes s’était en fin de compte tourné vers une belle slovaque, second rôle dans le film, Abigél était fier de sa courte participation au maquillage sanglant des victimes et moi-même, j’étais heureux de mes soirées de compétition de Rubik Cube avec le réalisateur. Izabella était admirative devant la garde-robe de la blonde actrice et reçu même une paire de lunettes de marque Armano je crois.

Un an après nous sommes nostalgiques de cette parenthèse hollywoodienne dans la vie de notre village. Nous avons reçu le DVD la semaine dernière et avons assisté à la projection ce dimanche. Sans surprise, chaque apparition de Mozes à l’écran fut l’objet de railleries diverses et celui-ci, pas peu fier, feignait l’indifférence. On remarqua néanmoins celui-ci dans un contre-champ furtif se prendre les pieds dans une racine et disparaître de la scène pour ne plus jamais le revoir par la suite. Mort sans avoir été tué. Fabuleux Mozes ! Andy Warhol disait que chacun d’entre nous connaît son moment de gloire. Mozes a connu ce moment mais différemment. Comme d’habitude….

Gore Sliclez, traduit en français par Andor Sarkozy.

 Ci-après la critique et la bande annonce de ce film remarquable…

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