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04/05/2007

Les rednecks de Uni Stl

5c16fdbbfa0f32a40aa4d18bbf6711f5.jpgPour les Budapestois, nous, habitants de Uni Stl, au cœur des forêts hongroises, sommes de véritables rednecks. Les rednecks sont les campagnards du Sud américain que l’on voit souvent dans les films. Souvent traités d’idiots, de racistes ou encore de violents passant leurs journées à boire et chasser. C’est un peu réducteur comme image mais c’est ainsi. Il est vrai que quand j’observe mes potes Mozes et Abigél avec leur chemise à carreaux, leur tronçonneuse, leur frigo box remplis de bières et leur casquette noire de suie partant à pied au travail tout en jouant au concours du plus long pet j’ai du mal à ne pas m’y résoudre. Nous ne jouons pas de Banjo comme le gamin du film Delivrance mais du cybalum. Nous n’avons pas les cous rougis par le soleil mais plutôt par l’ingurgitation de Borsodi Sör notre bière nationale. Et nous ne violons pas les rares touristes de passage chez nous. Je reste marqué par cette scène du film susnommé où l’on voit Ned Beatty se faire violer par deux rednecks devant son copain d’infortune. Les rednecks sont omniprésents dans le film d’horreur américain. On pense à des films comme Chainsaw, Wolf Creek, Devil’s Rejects Wrong Turn et tellement d’autres. En France aussi on aime ce personnage. Haute Tension nous montre le carnage orchestré par un bouseux du coin. Calvaire, le film belge, nous montre alors des rednecks ardennais aussi crétins qu’effrayants. Ils font partie du paysage au même titre que les forêts sombres, mystérieuses ou encore les montagnes abruptes. Autant d’éléments qui apportent un sentiment d’isolation face à l’inconnu. Il faut voir comment les touristes nous regardent quand par malheur, à court d’essence, ils échouent dans notre charmant village de bûcherons. Du coin de l’œil ils ne quittent pas du regard nos tronçonneuses à l’arrêt quand nous prenons une pause au café de la station. L’occasion pour Mozes de faire aller sa machine bien huilée effrayant le père de famille qui ne parvient plus à viser correctement l’entrée d’essence. On rigole bien. Ben oui on est un peu bouseux aussi à nos heures mais on est heureux ici à Uni Stl. Notre vie est simple, on ne doit rien à personne et on se moque bien des gens de la capitale. Le temps s’arrête quand nous allons à la pêche, quand nous nous rendons à la projection mensuelle du film du mois à la salle paroissiale, quand nous allons chasser et quand on rentre chez nous auprès du feu, auprès de notre aimée. Demain nous irons au bois…

Gore Sliclez traduit en français par Andor Sarkozy 

Voici l'extrait de ce fabuleux passage du film Deliverance pendant lequel un gamin redneck joue du banjo devant un citadin subjugé par son talent.  

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